[rentrée littéraire] le livre que je ne voulais pas écrire, d’erwan larher
Quidam éditeur, août 2017,lien 268 pages, 20 euros
Ce livre-là, j'en ai parlé avant de l'avoir lu…(et non, j'ai pas honte, pas du tout !)
Je faisais du prosélytisme larherien depuis un bout de temps déjà, bien avant l’Événement, mais ça a pris des proportions quasi pathologiques quand j'ai compris qu'il allait finalement l'écrire, ce Livre.
J'ai trouvé le temps long, d'autant que les librairies à l'ouest de l'ouest n'ont pas été approvisionnées le jour L (L comme Larher et comme Livre, le 17 août 2017) : scandale, discrimination ! Envieuse, j'ai vu s'abattre sur internet, en pleine canicule, une belle drache d'avis enthousiastes et émus de celles et ceux qui l'avaient déjà lu (pluie d'étoiles serait plus poétique, mais j'aime la pluie qui mouille) !
Mais ça y est, je l'ai, je l'ai lu, et je ne me dédis pas : Le livre que je ne voulais pas écrire est un livre à lire, absolument, à garder, à relire.
Exceptionnellement, je n'ai pas pris de notes en lisant : je me suis laissée porter, emporter, malmener, effrayer, rassurer, réconforter, consoler (un comble), par Erwan Larher, cet écrivain, cet homme (exprès je ne mets pas d'adjectifs, il seraient trop faibles ou bêtement culculs (sorry Erwan)) que nous avons été si près de perdre le vendredi soir 13 novembre 2015, au Bataclan.
… que nous avons été si près de perdre… non mais, pour qui elle se prend ? C'est bien sûr d'abord ses proches, ses amis, ses amours, qui ont vécu le pire cette nuit là, et aussi sous d'autres formes sans doute après ; d’ailleurs Erwan a convié quatorze d'entre eux à l'aider à construire son "objet littéraire" en lui confiant un court texte où ils témoignent librement de leur "réactions", de leur "vu/vécu du dehors", ce soir-là (on connait le nom des auteurs mais les fragments sont intégrés sans signature, le contenu donne parfois un indice mais cela n'a pas d'importance, chacun devenant un c(h)œuriste chargé d'une impro sur le thème central de l’œuvre dirigée par son maestro inspiré ; dispositif casse-gueule mais parfaitement harmonieux, aucune fausse note !).
… que nous avons été si près de perdre… oui nous, aussi, parce que ce soir-là plusieurs anneaux d'amitiés se sont formés autour du noyau dur des proches d'Erwan ; je suis bien obligée de reconnaître que Facebook a été utile cette fois-là (c'est ici, sur mon blog que j'ai raconté comment j'avais compris qu'il était au Bataclan, mais c'est sur Facebook que j'ai été rassurée le lendemain, comme beaucoup d'autres ; j'ai le vague souvenir d'avoir mis un commentaire très bête concernant ses santiags (les petites sœurs de celles de la belle couverture du livre), mais j'aime mieux pas chercher pour le retrouver – d'ailleurs sur Facebook chercher/trouver c'est galère – vu la gravité de la situation, c'était très con de demander des nouvelles de ses godasses) ; n'empêche (il le raconte dans le Livre), ça l'a touché Erwan, plus tard, quand il en a pris conscience, cette inquiétude virale autour de son sort.
Il y a des phrases qui vous tordent le cœur, les nerfs, dans le Livre. Que ce soit pendant la scène du massacre, ou après à l'hôpital, en rééducation, et même lors du retour à la "vie normale" et à l'écriture. Lecteur, profite bien des premières pages lumineuses sur l'enfance et la jeunesse du héros (héros au sens de personnage principal, car il ne cesse d'insister par la suite qu'il n'y a rien eu d'héroïque à subir cette épreuve), elles provoquent un effet de contraste poignant avec la suite.
Nous avons été très près de perdre un superbe écrivain qui émergeait tout juste, et trop lentement au goût de nombre d'entre nous ; ce ne sera que miel et justice si le succès qui s'annonce du Livre que je ne voulais pas écrire fait reconnaître ses qualités d'homme et d’écrivain, fait lire ses étonnants précédents romans (voir plus bas), et lui donne les moyens d'enchaîner très vite sur de nombreux nouveaux succès.
>> elles et ils en parlent aussi (liens) :
- sur le site de Quidam éditeur
- sur le site d'Erwan Larher auteur
- sur le site Babelio (bibliothèques partagées)
- [à compléter]
>> d'autres livres d'Erwan Lahrer que j'ai lus
Laurent
Un peu à côté de la page et de l’actualité, je n’étais pas au courant de ce livre, merci de me donner l’envie de le lire.
tilly
tu verras Laurent, ce n’est pas un livre comme les autres, j’espère que tu l’aimeras autant que moi (j’en suis sûre en fait) et j’aimerais savoir ce que tu en auras pensé… bises de rentrée (littéraire mais pas que)
Laurent
Une langue précise, élégante, riche, drôle, cruelle.
J’ai dévoré cet objet littéraire protéiforme, étonnant, lumineux.
tilly
en principe, je vois EL en signature à Boulogne, ce soir !
je lui transmets… et lui ferai la bise de ta part 🙂
Laurent
tu t’es fait une spécialité de faire la bise aux auteurs pour moi ^^
alors raconte ?
tilly
tu crois pas si bien dire… la veille j’avais vu Philippe Jaenada à la Fnac qui m’avait demandé la même chose : la bise à EL de sa part ! et aussi une dame dans l’assistance, pour elle et son mari !
EL : très émouvant, très grand, très rock, très tout ça
et comme émerveillé par le “bruit” fait par la sortie de son Livre qui l’oblige à courir de librairie en salon du livre
d’ailleurs il est dans la liste “Hors Concours” de la SGDL qui sélectionne pour ce prix parmi les auteurs publiant chez des éditeurs indépendants : c’est chouette, on y croit !
bise pour toi
Laurent
S’il est émerveillé par le bruit fait par son livre c’est que c’est une nature naïve et pure comme on les aime ^^
bises pour toi 🙂
gege
C’est bon , il est arrivé en médiathèque, je le prend cet après-midi, et je reviens dans quelques jours sur ta page. Ha j’oubliais, bises.