[nabe, extrait] rené giner (19?? – 2012), tombeau pour un jazzman méconnu
… cet ogre sentimental qui pleurnichait en rigolant et ne rigolait jamais sans pleurnicher … Néné aurait swingué sur une boîte de petits pois …
— Il est mort Néné ?
— Oui, il y a deux trois mois à peu près, c'est par sa femme que j'ai appris…
— On savait pas. Il avait quel âge, 70, 75 ?
— Ah, mais on pensait même pas qu'il irait jusque là… tout ce qu'il buvait… dans quel état… quand il dormait torse nu en hiver sur des cartons dans la rue… il faisait la manche… c'est comme ça qu'il voulait vivre, Néné…
J'étais là,(1) j'écoutais Marcel Zanini, Pierre Etaix puis Marc-Edouard Nabe, visiblement émus, évoquer plaisamment les frasques talentueuses d'un homme libre qu'ils avaient connu et aimé.
Encore un de leurs jazzmen Célestes comme des Clochards (voir Sam Woodyardlien, François Rilhaclien) .
Et tout à coup, Nabe, s'adresse à moi, impérieux :
— Il faut que vous en parliez… sur votre blog ! (2)
Bien gentil, mais j'avais à peine compris le nom de “Néné”, moi.
René comment ?… Girer ? J'ai pas osé demander.
Alors ce matin, recours ultime après google qui ne m'a pas aidée (je suis même pas sûre de la photo trouvée !), pas de page wikipedia, pas de video youtube, je suis revenue à mes fondamentaux de recherche pour les années 80 : les index des quatre volumes du journal intime de Nabe. Dans Nabe's Dream, je trouve d'abord le nom : René Giner.
Puis en remontant dans les années 80, dans Inch'Allah (tome 3, page 2257), bingo…
Jeudi 10 septembre 1987.— […] Lentement, nous nous éloignons de Nice. Je regarde la ville disparaître dans la brume de soleil flouch-flouchée par les remous du gros Corse en route. Nice !… J'ai vécu là de swinguants moments avec mon père et les fantômes noirs du festival de jazz de Cimiez… Mais pas seulement… Je me souviens bien d'autres virées avec un personnage sacré de ma jeunesse qui me remonte à l'instant… Hélène s'endort sur mon épaule. Bientôt bercé par le roulis, je tombe aussi dans un sommeil rêvé pour revivre ma jeunesse niçoise…
Je m'étais amouraché d'une broque splendide, une espèce de clochard fantasque. On se quittait plus. C'était en 1976… Tous les musiciens le connaissent encore : Néné Giner ! Prince de la Manche, représentant en pinces à linge et en tricots de peau, cet hercule jupitérien était accordéoniste. J'ai horreur de l'accordéon : pour moi, c'est un radiateur mou. Ce qui m'avait arrêté sur la Promenade c'est que Néné jouait Stablemates et Confirmation sur son Steinway à bretelles : c'était extraordinaire ! Il sortait de ces accords ! Quand il jouait, Néné hurlait : “ Et Herbie Hancoque il sait le faire ça ? Où qu'il est Herby Hencockque ? ”
Ivrogne (et pourquoi pas ?), bagarreur, roublard, Néné m'avait pris sous son aile sale et somptueuse, m’entraînant dans son monde de forains et de Caraques, de malades et de rombières. Il avait son charme, et les richards pouvaient se laisser prendre au filet de larmes de cet ogre sentimental qui pleurnichait en rigolant et ne rigolait jamais sans pleurnicher.
Mi-Boudu, mi-Django, Néné Giner était un géant en sueur permanente avec une grande barbe grecque jusqu'aux genoux ! Une fois, Néné a été engagé officiellement dans une boîte niçoise qui a disparu très vite, dans une rue chaude, balisée de filles de joie sinistres : l'Oyster Club. Néné avait décroché là une semaine pendant le festival de jazz. Mais pas comme accordéoniste, comme batteur ! Alors Néné est allé emprunter un matériel au vieux Léon Bosc, figure de Fabron. On l'a vu redescendre, je m'en rappellerai toujours, aux commandes d'une gigantesque brouette encombrée par une batterie de malmousque (il fallait le dire vite) : un bric-à-broc d'Emmaüs, une décharge de ferraille : une grosse caisse obèse sparadrapée de partout, fûts aux peaux défoncées, cymbales en sandwiches, charleston d'outre-tombe, bâtons rompus. Un miracle s'il a pu remonter toute cette sous-drumerie nase : et le soir il a joué ! Néné aurait swingé sur une boîte de petits pois. Il parlait toujours de Baby Dodds rencontré en 1948 ici même à Nice, et qui lui aurait tout appris : le déhanchement du chabada…
Le plus souvent, on se cognait plutôt contre les façades baroques des grands hôtels rupissimes de la Promenade : moi, 17 ans, chapeauté déjà, lunettes, costume, cravate, canne, mi-Daumal mi-Lecomte, un peu derrière cette masse remuante de deux mètres de haut, ruisselante et moirée, une grosse valise à la patte datant de quand saint Joseph était jeune homme. Il racontait partout que dans sa valise il y avait la toison d'or. En vérité, moi je savais qu'il y fourrait un vieux drap jaune qui servait tout simplement de housse à son accordéon. Les galères de Néné étaient toujours périlleuses. On entrait dans un grand restaurant et il embobinait le patron : des mots comme ça, dans le fin fond du tympan : j'ai jamais su. Il me présentait comme le “ Raphaël du Dépotoir “ : j'avais en charge de tirer les portraits des pleins aux as.
Pendant que je dessinais les tronches des clients, Néné sortait l'instrument : il balançait de sacrées rengaines avec des accords monkiens. Les vieilles étaient sidérées : il concentrait ce qu'il y avait de mieux dans les chansons de Charles Trenet. Que reste-t-il de nos amours ? Un clin d'oeil. La Mer, ça devenait un verre d'eau lourde. Pour ramasser la monnaie, il avait trouvé une astuce : il accrochait d'un porte-manteau à l'autre une corde à linge avec des pinces. Un ou deux billets de frime séchaient pour donner l'exemple. Son truc c'est qu'on ne pouvait pas y aller de sa pièce : que du papier ! Un soir un imbécile s'est marré à pincer une piécette de 5 centimes, par pure provoc. Néné lui a sauté dessus : j'ai cru qu'il l'étranglait avec la corde. Il a fallu décamper du restau dare-dare…
Mon monstre, je l'ai ramassé un paquet de fois dans les ruisseaux du vieux Nice, ou même sur la plage… On en a prolongé des nuits jusqu'au crépuscule du lendemain !
Son rêve, c'était dormir au Négresco. Un soir qu'on avait bien travaillé, on a réuni nos sommes : j'avais raclé 250F de pastels. Lui, il courait jusqu'à 650F “ à la pince à linge ” il appelait ça. On se dirigea vers le rose gâteau coûteux. Sur le chemin, il ramassa une pute assez immonde qui s'était décidée à nous suivre avec hésitance. Il l'avait convaincue en me désignant :
— C'est Raphaël ! C'est Raphaël le petit ! Tu vas pas refuser de coucher avec le Père Noël de Raphaël ?
Enfin, au bord de l'aube, on a débouché dans le hall de l'hôtel. Le gardien a fait la gueule à notre trio. Néné voulait lui souffler un air d'accordéon pour finir de le convaincre que nos billets n'étaient pas faux…
Dans la chambre 202, nous sommes entrés, la putain, Néné et moi. Il a jeté ses affaires par terre. L'accordéon a soupiré… Dès qu'il a vu le lit, Néné s'est aussitôt endormi dessus. J'ai pas osé demander à la dame de s'occuper de moi à sa place…On s'est regardé tous les deux sans rien dire pendant une heure puis, la putain a enlevé les chaussettes de l'ogre ronflant et les a lavées dans le lavabo consciencieusement, jusqu'à ce que le soleil se réveille… […]
In: Inch'Allah, journal intime tome 3 (juin 1986 – mai 1988), pp. 2257-2259 (c) Marc-Edouard Nabe
note 1 — anecdote sur Néné racontée par Marcel, entre deux sets du concert pour ses 89 ans, Petit Journal Saint-Michel, jeudi 6 septembre 2012 (photo)
Une fois, Marcel avait engagé Néné pour un mois dans son orchestre ce qui était un exploit avec cet électron libre rétif à tout engagement (René disait pourtant plus tard que ce mois-là avait été la plus belle période de sa vie !). A Salon de Provence, ils ont joué avec… Ella Fitzgerald. Marcel se souvient qu'elle avait chanté Lady be good en ballade, et que c'était… fabuleux. Tout allait pour le mieux donc, jusqu'au dîner où avec les musiciens invités autour de la diva du jazz, Néné n'a pu s'empêcher de faire son numéro d'accordéoniste variétoche autour des tables. Numéro qu'il terminait toujours en faisant la manche ! Et Marcel de rigoler, se souvenant d'Ella mettant gentiment un billet dans le chapeau de Néné, alors que les organisateurs fulminaient, outrés.
note 2 — blogueuse sous influence ?
Maintenant que le billet est écrit, prêt à être publié… je comprends la manœuvre ! Hier soir, en me commandant de l'écrire Nabe savait (pas moi) que je chercherais et tomberais sur son texte magnifique, et surtout que je serais trop heureuse de le faire partager, même si je me savais au fond… manipulée… Well done!
ps — un jour, rose loukoum… ?
Il fallait voir Marcel écoutant, dégustant, sirotant le cadeau d'anniversaire déballé pour lui par Patrick Bacqueville et ses amis : d'abord une annonce en harmonisation sophistiquée de Joyeux Anniversaire pour deux trombones, une trompette, un saxo (j'ai pas les noms des musiciens à part Patrick — à retrouver) et ensuite, avec les mêmes, un arrangement planant de Rose Loukoum (composition de Marcel of course) : mirettes humides et plus un poil de couché sur les bras présents dans la cave du Petit Journal, ce jeudi soir… en aparté Patrick m'a dit que dans l'année, il en ferait un enregistrement. Qu'attendent les réalisateurs de films français pour utiliser les ballades de Marcel en BO ?
pps — décembre 2019 : sur facebook, Philippe Baudoin ranime les souvenirs… Annie Fratellini, Pierre Etaix, Néné Giner et les autres
“ Annie Fratellini et son Dixieland (vers 1969). de g. à dr. Ph. Baudoin, Annie Fratellini, René Giner, William Azoulay, François Chapelle, Göran Eriksson, (Photo : Pierre Etaix). ”
ppps — 9 novembre 2020 : un mail de Pierre Marti (voir dans les commentaires) me signale l'étonnante vidéo :
>> voir aussi :
- internet réveille les morts,lien article du 2 octobre 2012
[…] un gentil fantôme barbu m'envoie des bises depuis l'au-delà […]
gebe
Merci pour cette petite visite au petit-journal qui devait être bien plein. Si même Wikipedia n’est pas à la hauteur du journal de Nabe à qui se fier? Je note l’anniversaire dans mon agenda.
tilly
Cher et fidèle Gérard, il y’a dans la colonne de droite en haut un carré Agenda Express où je mets les dates des prochains concerts de Marcel au PJSM 😉
gebe
Je sais, je connais, mais je n’avais pas vu les bougies, trop peut-être?
Magali Gueyrard
Bonjour,
Je m’appelle Magali. Je suis émue et bouleversée en lisant ces lignes qui parlent de…mon Grand père !! Néné, le vagabond du bémol! Si son sang ne coulent pas dans mes veines, génétiquement parlant en tous cas, sa musique sa folie déjantée ont illuminées, nourries et bercées mon enfance jusqu’à l’age de 15 ans, puisqu’il était le compagnon de ma grand mère et nous vivions sous le même toit (quand il n’était pas en virée!!). Si d’aventure cela vous intéresse, ou si vous savez si ça intérese quelqu’un, j’ai des sacoches pleines de papiers griffonés par ses soins de notes sauvages, des photos, des journaux…Et des souvenirs incroyables à la pelle.
Je vous remercie, avec tout mon amour, pour cet hommage à ce géant magnifique…
tilly
touchée et ravie de votre message, Magali, merci !
je vais vous écrire un message privé plus personnel
contente que ce “vieux blog” serve encore quelques fois par la grâce des moteurs de recherche (j’imagine que c’est via google que vous êtes arrivée jusqu’ici)
c’est heureusement encore la supériorité des blogs et sites sur les réseaux sociaux : la pérennité vs l’instantanéité 😉
ramses
Coucou chère Tilly !
Nous sommes à Hammamet jusqu’au 18, je profite d’une connexion internet correcte pour prendre de tes nouvelles et tombe sur ce morceau d’anthologie, avec une jolie photo de Marcel et Nabe en prime !
Je vois que tu refais doucement surface, après toutes ces épreuves.
Rien de mieux que les Cyclades pour se ressourcer !
Et les effets secondaires du Folfox disparaîtront bientôt.
Malika et moi t’envoyons des bises, avec nos meilleures pensées.
tilly
profitez-bien de votre séjour tunisien, chers Daniel et Malika !
pour moi le bleu (un peu plus clair) du ciel breton a succédé au méditerrannéen, et c’est pas mal non plus
je vous embrasse
tilly
bernard dray
J’avais 14 ou 15 ans à l’époque….Jean-Luc Parodi (pianiste entre autres de l’orchestre Claude Etienne à Montpellier….et ami de ma soeur Pernette) aimait beaucoup jouer en quartette avec René Giner (au vibraphone) Michel ??? à la basse et Baptiste Mac Kac Reilles aux drums (parfois c’était Vincent Séno)……je me souviens de quelques nuits, à l’Esquinade sur la route de Carnon……..
tilly
touchée que ce vieil article fasse encore naître des souvenirs
merci pour le partage et pour votre visite ici
jackie Delluc
plongée dans mes souvenirs ,j’ai tapé “René Giner “et je suis tombée sur vos souvenirs !!j’ai connu Néné en 79 ..hier …il est venu jouer plusieurs fois dans un restau que je tenais sur le port ,le “Gabian” en trio ,lui passait du vibraphone au piano ,parfois chassait le batteur (Edgard)et prenait sa place …et c’était fabuleux.. Ah ,les fins de soirées étaient difficiles.. avec les mélanges de vin ,whiskys ,bière…ça faisait quelques grammes ,mais même dans cet état …pas une fausse note !!souvent “Jules Calmette ,(sax de Nougaro pendant qq temps)venait faire le boeuf ainsi que Michel Lesigne au trombonne..Je chantais aussi avec lui ,Piaf ,et quelques standard….et puis ,ayant fait de mauvaises rencontres , je suis repartie en Côte d’Ivoire.. ou j’avais passé des années..2 ans plus tard ,je tenais un hotel restaurant en bord de mer ,et j’ai eu l’idée de demander à Néné de venir animer le 31 décembre et rester qq temps…
il est arrivé la veille ,j’avais demandé a tout le personnel de ne pas lui servir d’alcool le jour J …mais il était bien atteint en début de soirée !!j’avais une cinquantaine de clients ,un petit groupe local avec qui il avait répété ..aie ,ils ne jouaient pas en mesure !!!
donc la soirée fut terrible ,délaissant le Piano il jouait de l’accordéon ,des chansons d’enterrement (les roses blanches ,coin de rue enfin son répertoire.. j’ai poussé la chansonnette ,et comme il ne voulait pas jouer ” du commercial ” ,j’ai fait le spectacle avec l’orchestre …mon dieu quelle soirée !
et puis ,il s’est installé et a commencé à se sentir bien ,il jouait le soir et le WD ..un Dimanche ,Alpha Blondi était là ..peu connu à l’époque ,il venait juste de faire “opération coup de poing” il avait un appareil à pile et écoutait forcément sa musique ,Néné a manqué le jeter dans la piscine car il ne l’écoutait pas …la journée ,il prenait un taxi et partait à trechville ,le quartier populaire ,là ,il jouait et me ramenait une ribambelle de filles ..à qui je payais le taxi pour qu’elles repartent !!
Il y avait à Abidjan ,avenue Chardy ,un piano bar à la mode ..un soir ,il me demande de l’emmener là bas,je lui demande de faire un brin de toilette et de s’habiller…pour le mieux …il sort avec une chemises à carreaux rouges,enfin …il était propre ..nous voilà au Bleu Marine ,le patron fait un peu la gueule car ,c’est tenu de ville exigée ..j’explique que c’est un artiste…et ça passe …ambiance feutrée ,un petit pianiste en smoking joue…propre …personne ne porte attention a lui …à une de ses pause Néné me demande “dis au patron si je peux jouer un morceau….celui ci me dit …il joue comment ? tu verras ..c’est correct …Néné ,s’installe ..et des les premiers accords “attrape” la salle.. le petit pianiste n’a pas rejoué de la soirée..c’et aussi à Abidjan qu’il a composé “piano bastringue”..un ami lui avait donné un piano..une relique désacordée ,lui l’a accordé ,à peu prés et a mis du papier alu sur les marteaux ..ça donnait un son spécial …et voilà ,”
ecoutez la cette rangaine ,que sur ce vieux piano je joue ,ce piano c’est tout un poème ,souvent il me parle de vous ,sur le clavier je me promène et je m’amuse comme un fou ..etc….
quelques 10 ans + tard ,c’est en Guyane qu’il est venu …et là encore ,on a vécu de grands moments !!!!Néné ,fut mon ami ,j’avais pour lui une grande admiration et beaucoup d’affection ,
Le voilà parti depuis des années déjà ,j’ai su par des amis de Balaruc….j’ai quelques photos ,mais pas d’enregistrement …si quelqu’un en a ,j’aimerai bien une copie ,juste pour le plaisir de me souvenir !!! Jackie .
tilly
comme j’aimerais vous aider Jackie en remerciement de votre beau récit de vie !
mais comme vous l’avez compris, je ne suis que la passeuse de ce souvenir de Néné (ici via Marcel Zanini et de son fils Marc-Edouard Nabe)
j’avais effectivement retrouvé sur internet un vieux disque formidable, je l’ai écouté, puis je l’ai offert à Marcel
en essayant de temps en temps vous devriez pouvoir en trouver un autre, peut-être ?
je vous le souhaite affectueusement
robert
bonjour j ai une photo de rene jeune comment je peut vous l envoyer pour afficher
Dominique
J avais 3 ans j en ai 61 je l ai fort bien connu il m a offert plusieurs de ses derniers enregistrements j ai plusieurs photos perso et des masses de souvenir si cela vous intéresse et je viens seulement d apprendre sa disparition la vie nous avait séparé depuis 2009
Rachel
je me rappelle de néné jouant des petites cuillères au café après une nuit blanche…terrible .Aix en Provence 1990,j’avais 19 ans…
Alain Dubanet
BONJOUR…..aujourd’hui je souhaite rendre hommage à rené Giner, très grand musicien, batteur, accordéoniste, percussionniste, que j’ ai croisé à Archaban à la Souterraine , dont on parlait hier, j’ ai retrouvé un lien qui pointe sur sa vie , je pense que ça va rappeler des souvenirs peut-être à pas mal de gens de la côte d ‘azur….Le jour où il a joué avec Zanini , je rentrais d ‘une petite tournée des popottes avec Geo legros (oulala le nombre de ricard)…quand je suis arrivé à Archaban, il gueulait dans l’ entrée” y a t il quelqu un ici qui connait Géo Legros? ….je lui ai expliqué qu’ on venait de passer l’ aprem ensemble , et que c ‘est pour ça que le tel ne répondait pas….après une petite discussion où il m’ expliquait que Marcel et lui avaient habité en Creuse, il m’ a pointé du doigt le tom basse de sa batterie en me demandant , d ‘après toi c ‘est quoi?…..je lui ai répondu “un tom basse”….et la il a levé le doigt solennellement et a dit :” non, malheureux, ça , c ‘est un truc sur lequel tu vas poser mes whisky-coca ce soir, et le verre devra toujours être plein!…..il a fait dans la soirée un superbe solo, en gueulant: ” et maintenant, les percussions de Strasbourg !” , et il n’ a jamais effleuré le tom basse …….sur lequel était posé son verre de whisky -coca…🤣
tilly
Merci pour cette nouvelle anecdote savoureuse sur ce personnage décidément hors normes ! En espérant que d’autres amis de Néné passeront par ici 🙂
tilly
hier matin 9 novembre 2020 (confinement-saison2), belle surprise de recevoir un nouveau et magnifique témoignage sur Néné (ou Nené) de la part de Pierre Marti (pierremarti36@hotmail.fr), je le copie avec son autorisation :
“ René Giner… Nené la cloche
Bonjour et merci…
Vous avez réveillé en moi des souvenirs merveilleux…
J’ai croisé la route de cet homme quand j’avais 17 ans.. En 1979…
Pendant les vacances d’été dans un village de vacances au fin fond de l’Ariège dirigé par son ami Jacques Lutinier, où René avait passé les deux mois à animer les apéros swing, les soirées. Marcel Zanini était venu d’ailleurs faire deux soirs et je me souviens d’une partie de pétanque mémorable où avec mon ami Thierry nous les avions défiés sur le parking du village. Un immense moment !
Il disparaissait d’un coup sans prévenir, pour réapparaître deux ou trois jours plus tard dans sa vieille guinde (une immense ds je crois..), plein aux as comme il disait, des billets de partout… Il était descendu faire son numéro merveilleux de Nené la cloche aux richards de la côte vermeille.. Du côté de Collioure.. Où il croisait sur la plage l’acteur Dominique Zardi…
J’ai eu l’immense privilège de tendre plusieurs fois la fameuse corde à linge.
J’ai été profondément marqué par cet humain, qui m’avait fait la gentillesse de me prendre en affection, en égard je crois à l’admiration et à l’incrédulité (ça existe vraiment des gens comme ça..?) qu’il sentait en moi à son égard.
Je ne l’ai jamais revu… Je l’ai suivi toute ma vie.. Un soir à l’issue d’un concert, Monsieur Zanini, m’a donné de ses nouvelles, bien que ne l’ayant vu depuis bien longtemps…De loin par internet quand cela fut possible j’ai retrouvé sa trace jusqu’à sa disparition… Il a été une fulgurance dans ma vie.. Il m’a marqué à jamais…
Quand je pense à lui avec tendresse et nostalgie parfois, je me repasse son vieux 45… Ils sont tombés Monsieur Bechet… Vos oignons au fond du panier….
Et là… Après avoir lu votre blog pendant de longs moments, en fouinant, je tombe sur une vidéo sur Youtube …. Énorme… Tout lui…
Je la porte à votre connaissance si vous n’en connaissiez pas l’existence
Sur youTube tapez Nené Giner…
Je vous remercie encore
Très cordialement
Pierre ”
Alain Dubanet
je venais de ramener Geo Legros (l’accordéoniste qui a joué dans le film de Chabrol “le beau serge”) chez lui après une tournée des popottes ( les troquets du pont à la dauge St Laurent , et Ste Feyre )et j’ arrivais à Archaban quand Néné la Cloche alias René Giner , que je ne connaissais pas encore hurlait dans l’ entrée “y a t il quelqu’un qui connait Geo Legros ici ????…..je lui réponds qu’ il venait de rentrer …..alors lui, goguenard :”alors c ‘est de ta faute si on arrive pas à le joindre au téléphone depuis tout l’ après-midi!!!….puis il m’ entraîne vers sa batterie en me montrant le tom basse….il me regarde l’ air inquisiteur et me demande :” c ‘est quoi çà ? “……Je lui réponds “Un tom basse !!!…alors, dans une grande envolée théâtrale dont il avait le secret il lance :” Non! malheureux!….c ‘est mon bar ! c ‘est l’ endroit précis où je pose mon verre de whisky-coca!….et tu veilleras toute la soirée à ce qu’ il ne soit jamais vide…….on a fini à 5heures du matin après que Néné ait fait un post-concert à l’ accordéon piano , en faisant la manche bien sûr à la fin…..ce soir là, toute la jeunesse qui dansait au son du disco s ‘était assise en tailleur autour de ce troubadour….
tilly
merci Alain pour cette anecdote qui alimente joliment le fil des commentaires sur cette note de 2012 ! et puis c’est hier qu’on a appris la mort de Marcel Zanini, alors encore merci : ces musiciens fabuleux, célestes, on ne les oublie pas !
Lain Baudemont
Des nouvelles de vous, chère tilly, ah, ça… je suis très heureux. Je vous souhaite une bonne année 2023. Prenez bien soin de vous.
Afectueusement
Alain Baudemont
Alain Baudemont
Un seul a et un seul f, c’est l’émotion…
AB
tilly
cher Lain !
merci de réveiller ce vieux blog par vos commentaires afffectueux
pensées amicales
tilly