[lu] l’enculé, roman de marc-edouard nabe

antiédité par l'auteur, octobre 2011, 250 pages, 24 euros

Dessin de Laurent Lolmère (c)  - Non content d'avoir déjà mis un gros doigt dans le cul du milieu littéraire en général et celui de l'édition en particulier (c'est lui qui a inventé le concept révolutionnaire et d'avenir "d'ANTI-EDITION"), le voilà qui revient avec un nouveau roman, inspiré par "l'affaire D.S.K." et sobrement intitulé: "L'ENCULÉ".– On saura jamais ce qui s'est passé derrière cette porte…

Cette phrase, on l'a entendue (on l'entend encore) partout : chez ceux qui voulaient savoir, comme chez ceux qui ne voulaient pas. Là-dessus tout le monde paraissait d'accord. Normal que Marc-Édouard Nabe, en anar individualiste, ne l'ait pas été et veuille nous le faire savoir, à sa manière.

Nabe est entré dans la chambre 2806 avec l'Enculé, le héros de son roman. Rien ne lui a échappé de la fameuse scène de ménage, ce mémorable 14 mai 2011. Il avait pris la meilleure place pour le spectacle : embedded (embarqué) dans la tête et les jambes (poilues) du (alors) Président du FMI et dans tout le reste, surtout.

Près d'un an plus tard, Dominique Strauss-Kahn nous raconte ça, et tout ce qui a suivi. Nabe tient la plume. C'est irrésistible, drôle, féroce, satirique, irritant, intelligent, fin, grossier, vivant, farce, cinématographique, méchant.

 

[ce billet est illustré par le talentueux Laurent Lolmède, avec sa sympathique autorisation]


Après celle de la chambre du Sofitel, aucune porte ne résiste à Nabe. Pas plus celle de la cellule de Rikers Island que celle de la maison de TriBeCa. On a tous subi à la télé cet été le spectacle édifiant et récurrent des visites que recevait un couple d'otages à Manhattan. On a vu le livreur de pizzas se frayer un passage entre badauds, micros et cameras ; sonner, entrer, ressortir. Nabe, lui, était de l'autre côté de la porte, dans le salon, alors il connait le montant du pourboire qu'Anne Sinclair a filé au garçon : 15 dollars ! Que je vous rassure (ou vous inquiète, c'est selon) il y a des choses beaucoup plus bêtes et méchantes sur la femme de l'Enculé, mais c'est toujours DSK qui raconte, hein…

Évidemment Nabe s'appuie sur des faits d'actualité largement (trop) médiatisés vécus par des personnages bien connus. On rit de les retrouver minutieusement restitués par sa plume déformante avec ce qu'il faut de décalages subtils pour que les décollages de l'inspiration de l'écrivain vers le fantasme et la fantaisie débridée nous emballent. Les Strauss-Kahn spectateurs  d'un rodéo avec Elkabbach en Stetson parce que " ça change vachement les idées ", normal ! Jean-François Derec canotant à Central Park, normal ! L'enlèvement de Martine Aubry par un biker, normal !

" J'aurais bien aimé perdre pour voir ce que ça fait. "

Au bout de quelques pages, il se passe un phénomène curieux : on découvre un DSK tel qu'on ne l'imaginait pas du tout (moi en tout cas). L'Enculé est un drôle de type qui se laisse mener par le bout… du nez par les femmes, surtout la sienne. Fier de ses conneries, pas malin-malin, presque naïf, un peu jaloux, un pauvre con. Jouisseur évidemment, et fier de l'être au point de vouloir être le seul, l'unique, le plus grand. Pour un peu on le plaindrait d'être si… animal. Presque humain. Plausible. Scène touchante dans la cellule de Rikers quand DSK lie amitié avec une gentille araignée souriante qui ressemble à celle d'Odilon Redon et qu'il baptise Internette, rapport à sa toile. Saviez-vous que DSK était fan de singes, très calé, particulièrement intéressé par le nasique, celui dont on croirait qu'il porte son pénis au milieu de la figure ! A la fouille, le maton a sorti du baise-en-ville du prisonnier, une photo de Cheeta, et des pilules de bromure ! Bon, le vrai DSK peut-être pas, mais l'Enculé, si ! 

Et puis, ça c'est mon interprétation personnelle, il y a du Nabe dans cet Enculé (comme la couverture du livre le suggère). J'ai relevé par exemple leurs goûts communs pour : les chapeaux, Picasso, les putes, la virilité, la neige glacée, la préférence pour la clarinette jazz putôt que klezmer, Billie Holiday, et fixer les femmes dans les yeux.

In fine, une question demeure : la société est-elle coupable de ne pas être capable de condamner L'Enculé (le personnage, pas le livre) ?

 

d'autres critiques, chroniques, notes de lecture, avis…

…ceux qui aiment :

  • Marc-Edouard Nabe – L'Enculé, par Tomblands, – "Tout roman qu'est L'Enculé, on ne peut pas ne pas se demander si Nabe risque un procès pour injure ou diffamation. On sait les gens tellement procéduriers. Au détour de la page 74, Nabe y fait allusion, avec amusement. Anne Sinclair dit à son mari : "Rachel aussi l'aime bien, ce Nabe… Je ne sais pas ce qu'elle lui trouve. En tout cas, qu'il ne s'avise pas d'écrire sur ton affaire. Sinon je lui fous un procès un cul !" Alors, procès ? Comme a conclu DSK son entretien TV avec Claire Chazal : "on verra… !"
  • L'Enculé de Marc-Edouard Nabe, par Leo Scheer – "Le résultat est, de mon point de vue, particulièrement réussi. Il y a dans la lecture de ce texte un éclat de rire et une jubilation de l'écriture qui ne faiblissent pas durant 250 pages. On ressent à chaque paragraphe comme une claque, le souffle de la liberté, la vraie et on se dit : Houah! comment c'est possible?"
  • Ainsi parlait DSK – Avec L’Enculé, Nabe sonde la banalité du mâle, par Daoud Boughezala rédacteur en chef adjoint de Causeur- “ A en juger par sa relation détaillée des dernières tribulations télévisées du « queutard » du Sofitel, le vingt-neuvième roman d’Alain Zannini a d’ailleurs été écrit sur le vif, sans doute moins de trois semaines avant son anti-édition. ”
  • Nabe, cet enculé, sur le site CulturalGangBang – “ Nabe écrit en musicien. Il transpose l'atroce un ton au dessus. Au sens propre, il exagère ”
  • L'Enculé de Mard-Edouard Nabe par Frédéric Aranzueque-Arrieta – " L'auteur ne craint pas de tomber dans le registre du grotesque, au contraire il y fonce ; on oscille également entre ironie et sarcasme, car malgré tout cette affaire nous laisse un goût amer"
  • J'ai dévoré L'Enculé par Michel Z -  "Sachant que l'affaire a éclaté le 14 mai, que le roman tient compte des faits historiques jusqu'à l'interview donnée à Claire Chazal, à la mi-septembre, c'est un fameux exploit d'avoir fait paraître ce livre le 7 octobre. L'action se déroule jusqu'aux élections présidentielles de 2012 et elle est donc forcément imaginaire – et d'ailleurs volontairement délirante."

…celui qui aime pas :

  • Nabe L'Enculé. Oui, l'enculé. par Emery Doligé. "Enfin, s'il faut lire les livres des gens qu'on n'aime pas, faut-il les acheter ?…Non. Il ne faut pas. Alors L'Enculé de Nabe faites-le vous prêter si vous n'avez plus rien à lire, mais ne l'achetez pas… histoire de ne pas financer ce que vous ne pourriez pas assumer."

dans la presse :

  • La fortune de Nabe, par Patrick Besson pour Le Point : "L'Enculé est à ce jour la synthèse la plus pertinente et la plus joviale de tout ce qu'on a pu lire, voir et entendre sur l'affaire DSK au cours de l'été dernier. A cette occasion, les médias mondiaux, et notamment anglo-saxons, se sont affichés, avec une autosatisfaction abjecte, comme des monstres de bêtise et de vulgarité dont Nafissatou Diallo et Dominique Strauss-Kahn ont été, tour à tour, les victimes sacrificielles. Cette bêtise et cette vulgarité, Nabe, dans son titre et dans son texte, les reprend à son compte. Pour les retourner. C'est un grand retourneur."

15 thoughts on “[lu] l’enculé, roman de marc-edouard nabe

  • Lolmède
    14 octobre 2011 at 21h27

    Tilly, c’est un honneur d’illustrer tes notes de lectures nabiennes !
    Choron a un fils et c’est zanini qui l’a fait !

  • tilly
    14 octobre 2011 at 22h44

    Lomède, trop fort ton slogan… et trop vrai, bravo !

  • Jesse Darvas
    14 octobre 2011 at 23h13

    Je viens de finir l’Enculé et je tombe sur cet extrait de Kamikaze publié sur le site Alainzannini:
    “« La triste fin de Françoise Verny » est un point ultime que je voulais atteindre : la diffamation basculant dans l’allégorie. Je suis en train de remonter la pente golgothesque de la polémique. Après Le Bonheur, c’était crucial.”
    L’Enculé après l’Homme qui arrêta d’écrire : la même logique. Presque prix Renaudot, Nabe redevenait presque acceptable. L’Homme est féroce mais compatible avec les règles du savoir vivre. Beaucoup de gens en disaient du bien.
    Je me demande s’il sera invité chez Giesbert pour parler de ce livre-là. Ou même chez Taddéi (au-delà de l’allusion rapide de l’autre soir).
    Sur le fond: j’ai beaucoup ri à la lecture de l’Enculé. Plein de verve, rapide, mordant, drôle. Aucun temps mort. Et touchant juste aussi, comme cette scène étrange avec la fille de Nafissatou.
    Le plus fort: la description de la scène inaugurale de la chambre d’hôtel, qui rend crédible ce qui a pu être décrit comme “impossible” ou “inimaginable”. Un tour de force littéraire.
    Le moins convaincant: la caricature de l’obsession d’Anne Sinclair pour le judaïsme. Trop caricatural justement, donc pas crédible, donc moins fort littérairement.
    Rien d’ailleurs sur ce sujet dans le billet de Tilly; pourtant le thème des juifs et du judaïsme court dans tout le roman, alors même que le personnage principal remarque, lucide, que cela n’a rien à voir avec son Affaire et que ceux qui voient en lui un nouveau Dreyfus (c’était le cas dans certains articles de La Règle du Jeu) délirent. Pourquoi donc insister à ce point? Pour montrer qu’il a gardé tout son potentiel “sulfureux”? C’est étrange…

  • tilly
    14 octobre 2011 at 23h45

    C’est vrai Jesse il manque plein de choses dans mon billet qui n’est rien qu’un avis de lectrice… c’est pour ça que les commentaires sont précieux, merci pour le votre.
    J’ai eu la tentation de comparer les thèmes de L’Enculé avec ceux du Régal des Vermines, mais je ne l’ai pas sous la main pour vérifier le degré de correspondance : les noirs, la religion, les juifs, entre autres. “Béatrice enculée”, en particulier. Ça ne m’étonnerais pas qu’au moment où l’on attend une réédition (augmentée) du Régal Nabe prépare le terrain, s’entraîne en quelque sorte ? Non ?

  • Alain Baudemont
    16 octobre 2011 at 0h06

    Il me reste en mémoire un mot très fort de “L’Homme sans qualité” de R. Musil, un mot où Leinsdorf (un personnage) discute ainsi : “La prétendue question juive s’évanouirait d’un coup si les Juifs voulaient bien se décider à parler hébreu, à reprendre leurs anciens patronymes et à porter le costume oriental”. Ce n’est pas faux de dire que le thème des juifs et du judaïsme court dans tout le roman de Nabe (comme le dit Jesse Darvas), mais il faut croire dans ce cas que le Narrateur fait exprès (c’est là tout le paradoxe de la chose) de n’être pas convaincant en caricaturant aussi grossièrement “l’obsession” d’Anne Sinclair pour le judaïsme. “Avec” le Narrateur, qui n’est pas à confondre avec l’Auteur, ce qu’il convient en l’occurrence de bien saisir, et que personne à ma connaissance (c’est le grand mystère) n’a encore jamais réussi à bien saisir (…) à savoir de ce qu’il y a, en filigrane, de souligné, dans le déroulé du livre, c’est l’importance capitale (c’est le Narrateur et son histoire qui souligne) qu’il y a à “faire passer”, à “faire accepter”, non seulement comme fonctionnant toujours, “certains mécanismes secrets”, mais à “faire accepter”, comme une “évidence” par tous les lisants de la terre, (c’est ce que je veux dire de ce que j’ai capté du Narrateur) que “seul” le Juif a la capacité de représenter la condition humaine. C’est absolument prodigieux, cette manière qu’à Nabe de réussir dans son livre ce prodigieux tour de force. En effet, toute la force générative et transformationnelle du livre de Nabe est là. C’est la base de Nabe, en son écriture nabienne, de Nabe qui s’acting. De Nabe, en sa geste magique d’écrivain, basé sur la distinction compétence-performance, autrement dit, Nabe, agissant sur la connaissance que le producteur de paroles à … “de “collision” entre “deux corps”… celui qui parle (écrit) et celui qui écoute (lire, c’est écouter) et par extension qui apprend. Mais je ne veux pas m’éterniser sur ce qui, après tout, n’est peut-être qu’une simple hypothèse. Je voudrais davantage ajouter à ce que nous pensons avoir découvert (avec Jesse Darvas) dans le livre de Nabe, que je suis de ceux qui croient bien volontiers, qu’il y a de plus en plus “déperdition” de la chose littérature, à cause de la surabondance d’éclats merdiatiques, bourrés de narcotiques aux terrifientes odeurs de merdes, miasmes et remugles. C’est pourquoi je dis qu’il faut écouter non seulement la voix de ce vrai écrivain, Nabe, mais je dis qu’il est important d’écouter “aussi” la voix de celles et ceux, je pense à tilly, que je salue en passant, et qui vient de dé/montrer avec tellement de justesse “et de résonnance”, que l’on peut parler du roman de Marc-Edouard Nabe, et qui plus est, en parler, pour soutenir, avec beaucoup d’autres, que “Nabe sait vraiment de quoi est fait le nom de la chose Littéraire”. Nabe, à mes yeux, est un vrai écrivain. Même si sont dernier livre porte un titre qui peut sembler dire le contraire, mais c’est l’astuce (la ruse) de Nabe, et malheureusement, il en faut de la pratique de ruse, pour se faire entendre, et souvent cette pratique de ruse est mal comprise. J’en reçois souvent à cause de ça, plein la figure, même par des personnes que je croyais être de bonne amitiés. Mais bon, c’est ainsi. Là aussi, un travail sur la nécessité d’être rusé, pour dire les choses sans les écrire, est à faire. Cela, pour ce qui concerne Nabe, qu’il soit de nécessité rusé, ne lui procure pas tellement davantage … de fonction, mais peut lui donner, c’est ici qu’est la récompense, l’occasion de créer, comme il est bon de le rappeler, des devoirs neufs, lesquels, somme toute, sont ou seront uniquement de Littérature. Il y a donc encore de la place, croyons le fermement, dans toutes les nations, déjà très malades de nos jours de mille autres maladies, pour entendre, et c’est un véritable miracle, Nabe serait-il un miracle, pour entendre encore parler, et laisser venir à nous, d’authentiques écrivains.

  • tilly
    16 octobre 2011 at 21h38

    Cher Alain, peut être que je me trompe mais vous avez l’air de venir à la rescousse en justifiant (fort gentiment) la façon que j’ai de dire ici que j’ai aimé L’Enculé : pas à fond, trop superficiellement, en évacuant des choses, trop bisounours.
    Vous l’avez bien compris cher Alain, je publie mes petites chroniques nabiennes simplement pour que les quelques amis que j’ai et qui passent quelques fois par ici soient tentés, enfin, et ce ne serait pas trop tôt, de le découvrir, notre grand écrivain !
    Ce ne sont pas j’en conviens, les zétudes que Nabe mériterait que l’on fasse chaque fois qu’il publie une nouvelle œuvre. D’autres comme vous, comme Jesse Darvas, le feront mieux que moi. Moi j’amorce, vous, vous allez dans le détail, le fin fond. C’est du collectif !
    C’est marrant, maintenant je me demande si je n’aurais pas dû être choquée par certaines outrances de L’Enculé. Ben non, et je suis sûre que quand je le relirai, les mêmes horreurs me secoueront de rire. C’est grave docteur ?
    C’est vrai ça, je crois comme vous Alain, que Nabe est rusé ! Mais rusé, ça a un côté un peu chafoin, je dirais plutôt que Nabe est farceur, rusé et farceur. Votre étude sur la ruse littéraire ou la littérature rusée m’échappe un peu, je dois dire.

  • Alain Baudemont
    17 octobre 2011 at 13h45

    Non, ce n’est absolument pas avec l’air de venir à la rescousse, croyez le en vérité, que j’ai parlé de ce que j’ai vu dans L’Enculé, et qu’importe, tilly, si, chemin faisant, vous allez m’abandonner comme une hypothèse.
    La farceuse vérité étant ce qu’elle est, donc farceuse, est toujours belle à en rire, même si elle est un mal d’horreur chafouine. C’est (en gros) ce que pense Alain Marc-Édouard Zanini-Nabe, qui a manifesté (à tort ou à raison) dans ses écrits, de la sympathie et de l’intérêt pour Bloy, et qui, chemin faisant, a été contaminé (tous les lecteurs se contaminent en lisant) par ce que Michel Tournier appelait “le rire blanc de Bloy”.
    Je ne sais ce que signifie vraiment “un rire blanc”, et sans le savoir, cela me fait froid dans le dos (…) et, c’est vrai, je ne suis pas docteur, mais j’imagine que rien n’est moins grave, si relisant Nabe, vous êtes resecouée de rire si ce dernier est sans couleur.
    Nabe aura gagné son pari (et probablement qu’il l’a gagné) si le rire de tous est d’un rire franc, ce qui me semble, somme toute, être la juste récompense d’une liseuse ou d’un liseur, car, au risque de me répéter, je dirais que ce n’est pas tous les jours que l’on est secoué d’un rire franc.
    Quant à moi, je vous échappe un peu, mais qu’importe, chère tilly, je l’ai dis plus haut, si, chemin faisant, vous allez m’abandonner comme une hypothèse.

  • tilly
    17 octobre 2011 at 19h51

    Formidable cette histoire de rire blanc, cher Alain Baudemont. Cela mériterait une étude sérieuse, mais je ne le suis pas. Cela aurait-il un rapport avec le rire du clown blanc qui justement ne rit jamais et fait peur aux petits enfants ?
    Simple hypothèse.

  • Alain Baudemont
    18 octobre 2011 at 19h54

    Non, aucun rapport. Pour plus de… Marc-Édouard Nabe le si peu bloyen + Entretien avec Pierre … du 1 avr. 2004 … On connaît le cas de Michel Tournier qui n’est pas bloyen mais qui s’intéresse au rire de Bloy, à ce qu’il appelle le rire blanc de Bloy. …
    Très bon article de “stalker.hautetfort.com/…/marc-edouard-nabe-le-si-peu-bloyen.html”

  • Serge ULESKI
    2 novembre 2011 at 19h26

    Les critiques boudent le dernier livre de Marc-Edouard Nabe à propos de l’affaire DSK, l’Enculé…
    Soit.
    Critiques qui, et cela n’aura échappé à personne, ne découvrent le plus souvent, et parfois même exclusivement, la littérature qu’à travers le service de presse des éditeurs…
    En effet, on n’a jamais vu un critique acheter un livre ; et les livres de Nabe étant auto-édités, pas moyen de se les procurer à l’œil : faut raquer. Et un critique… ça raque pas !
    Dommage d’ailleurs, car, comme pour le cinéma, s’ils devaient débourser quelques euros pour faire leur métier, cela changerait du tout au tout la donne : pour commencer, ces critiquent liraient beaucoup moins de livres… moins et mieux ; et nul doute qu’ils seraient plus exigeants et donc, moins indulgents avec des livres pour lesquels il leur aura fallu débourser quelque argent !
    Aussi… soit dit en passant, et pour cette raison qui en vaut bien d’autres… un conseil : évitez de prendre pour argent comptant l’avis de ceux qui n’en dépensent jamais ! Et gardez-vous bien de côtoyer ces professionnels de la lecture – professionnel non pas dans le sens de « compétent » mais… dans le sens de… « qui tire un revenu de son activité » !
    ***
    A la fois récipiendaires et garçons de course des services de presse, marathoniens de la lecture, compte-rendu après compte-rendu qu’ils appellent abusivement critiques… pour ne rien dire de ceux qui ne commentent que les livres qu’ils ont aimés parmi ceux qui leur sont adressés par des éditeurs qui jettent leurs livres par les fenêtres comme d’autres leur argent…
    Curieux tout de même ce métier de critique, quand on y pense ! Car, tout comme les libraires dont on ne sait déjà plus quoi faire, difficile d’ignorer, quand on prend la peine et le temps d’y réfléchir un peu… le fait que tous ces tâcherons passeront finalement leur vie de lecteurs-critiques-professionnels à ne découvrir une littérature que seuls les éditeurs auront bien voulu leur faire connaître… et pas n’importe quels éditeurs : une trentaine tout au plus, tous confinés, à quelques exceptions près, dans notre belle capitale et deux arrondissements en particulier.
    Un autre conseil alors : côté lecture, détournez-vous de ceux qui jamais ne choisissent les ouvrages qu’ils lisent ou vendent – critiques et libraires confondus.
    Une dernière chose : une idée… comme ça ! Et si demain on décidait d’interdire cette activité de critique, de toute façon ingrate et superflue, aux auteurs ? Oui ! Aux auteurs qui, le plus souvent, font de la critique comme d’autres font la plonge chez Mc Donald pour payer leurs études, tout en gardant à l’esprit ce qui suit : passer son temps à lire les livres des autres, quand on sait le temps que ça prend d’écrire les siens…
    Alors oui ! A tous ces auteurs, si on leur interdisait de faire de la critique… la littérature s’en porterait beaucoup mieux, et puis aussi, cela permettrait, en partie, de mettre fin aux conflits d’intérêts que cette double identité-activité d’auteur-critique engendre inévitablement : complaisance à l’égard des auteurs appartenant à la même maison d’édition que notre critique ; et plus sournois encore : critiques dithyrambiques comme autant d’appels du pied vers la maison d’édition que ce même critique meurt d’envie de rejoindre…
    Alors, combien de membres cette corporation perdrait-elle si cette interdiction devait être appliquée ?
    D’aucuns pensent qu’il ne resterait que le tronc pour une activité sans queue ni tête.

  • tilly
    2 novembre 2011 at 19h39

    Cher Monsieur Uleski, lorsque j’ai vu dans ma messagerie la notification d’un commentaire venant de vous, j’étais flattée, comblée… alors franchement, je suis un tout petit peu déçue car vous reprenez en fait le contenu de votre billet chez vous, et qu’il aurait été plus élégant (selon mes critères) de faire un lien vers votre blog, d’autant que je vous ai déjà repris dans mon thème scoop.it sur Nabe :
    http://sergeuleski.blogs.nouvelobs.com/archive/2011/10/31/marc-edouard-nabe-l-encule.html
    Sinon il est très bien votre article règlement de compte avec les critiques professionnels, mais vous n’y dites pas grand-chose de L’Enculé ni sur Nabe.
    Bon si vous ne vous contentez pas à l’avenir de prendre mes billets sur Nabe comme tribune, je serais vraiment contente de vous voir revenir commenter ici 🙂

  • Serge ULESKI
    3 novembre 2011 at 20h40

    message reçu 5/5
    Cordialement
    Serge ULESKI

  • DF
    1 avril 2017 at 10h20

    Ah oui, Internette! Attachante bestiole! 🙂
    Déroutant, puissant, extraordinaire, drôle… J’ai beaucoup aimé cette lecture, qui a aussi signifié pour moi la découverte de l’écrivain Marc-Edouard Nabe. J’en parlais hier soir sur mon blog:
    http://fattorius.blogspot.ch/2017/04/dominique-strauss-kahn-vu-par-logre.html
    Bonne fin de semaine!

  • tilly
    1 avril 2017 at 11h22

    effectivement Daniel, pour un “bizutage” nabien, vous commencez fort 🙂
    je me trompe peut-être mais je garde l’impression que MEN considère ce livre comme une pochade, des gammes, un exercice de virtuosité, de rapidité d’exécution et de fabrication
    je relis les commentaires reçus en 2011, c’était riche !
    au fait connaissez vous sa peinture ?
    http://www.marcedouardnabe.com/?product_cat=tableaux

  • DF
    1 avril 2017 at 16h48

    J’ai acheté “L’Enculé” à la galerie de l’auteur en décembre dernier; elle est fermée depuis si j’ai bien compris. Dommage! J’avais demandé à MEN s’il me conseillait un titre en particulier pour découvrir son oeuvre, mais il m’a laissé libre. Du coup, j’ai pris celui-ci, intéressé par la manière dont il traiterait le sujet – j’ai lu plusieurs romans tirés de l’affaire DSK, en effet. Et je n’ai pas été déçu!
    Je connais un peu sa peinture aussi; merci pour le tuyau! 🙂

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