[lu] comment devenir guerrier massaï, roman d’éric gilberh

arHsens édiTions, 224 pages, février 2011, 18 euros

note de lecture pour le site et blog les-agents-litteraires.com

sur la quatrième de couverture : Avoir cinquante ans, ça change tout. Quarante-neuf, passe encore, mais cinquante... A cet âge, la vie devient une chose étrange : on se souvient de ce que l'on aurait aimé accomplir, de celui que l'on aurait aimé devenir. Gabriel Poussin, lui, a quarante-neuf ans ans, onze mois et trente jours. Entre fiasco professionnel, routine de couple et sentiment d'échec général, il décide du jour au lendemain de tout plaquer. Sa femme, son chalet en bord de Seine, ses bouteilles de vin et ses chats. Et c'est en compagnie du plus improbable des compagnons qu'il va prendre le chemin de ce qu'il s'imagine être la Liberté. --- "Comment devenir guerrier Massaï" est le roman d'une maturité inaccessible. Un périple hilarant mais grave, désanchanté mais féerique avec, en bout de course, une révélation terrible - révélation de celles qui donnent une saveur particulièrement nostalgique à un passé pas si terne que ça (finalement), et un drôle de goût à un avenir pas si prometteur que ça (finalement). Excellent titre pour un roman très original, drôle, cynique et attachant.
Il n’y a pas tromperie sur la marchandise, ou si peu !
Dans son livre, Eric Gilberh donne effectivement la recette qui transforme en aventurier coureur de brousse urbaine, un hippie velléitaire récupéré par la société qui s’aperçoit un beau jour qu’il a cinquante ans.
J’ai reconnu et aimé dans son Gabriel Poussin, un descendant de Tartarin de Tarascon encore plus raté et pathétique que le héros naïf et berné de Daudet.
Car Eric Gilberh ne ménage pas son personnage…
Le roman est en deux parties.
Elles s’articulent autour de l’anniversaire de naissance du héros qui bascule dans son second demi-siècle.


Avant, on fait connaissance avec un concepteur de jeux, même pas vidéo, en panne d’inspiration. Enclin à l’auto-apitoiement, il met son mal de vivre sur le compte de l’époque, de la société, du coût de la vie, et surtout de sa femme qu’il connaît depuis trop longtemps. C’est l’arrivée inopinée de son vieux copain Jean-Antoine, devenu un SDF crado flanqué de son chien galeux, qui fait éclater la bulle d’ennui autour de Gabriel, surtout préoccupé jusqu’ici de ses chats, de sa Volvo, et de sa collection de vieux alcools.

Après, je suis bien embêtée parce que je ne peux rien dévoiler de la partie aventureuse, la seconde, de ce road-movie pantouflard et pourtant déjanté. Il faut que le lecteur ait comme moi la surprise. Mais en examinant bien la couverture on trouve des indices sur celui que la quatrième décrit comme “ le plus improbable des compagnons [avec lequel] il va prendre le chemin de ce qu’il s’imagine être la Liberté ”. Chut, donc, et lisons.

Alors, roman, ou conte philosophique et moral ? Bien évidemment c’est tout cela à la fois, car le réalisme des situations n’est pas le souci premier de l’auteur, et tant mieux. La croisade désespérée de Gabriel Poussin, finit en apothéose tragi-comique. On y verra, si l’on veut, la rédemption d’un homme rincé par ses déboires familiaux et professionnels. Ou bien, le délire qui saisit un quinquagénaire lorsqu’il s’interroge sur le sens de sa vie. Ou encore, plus prosaïquement, le pétage de plombs d’un type angoissé, parvenu à l’entrée du “ tunnel d’emmerdements ” qui s’ouvre devant lui, et débouche sur la mort.

– Qu’est-ce qu’y a à la télé ce soir ?
– Rien ! Et si vous lisiez un bon livre ?
C’est ce que répond, astucieusement, le webmestre de arHsens édiTions

Lisez : Comment devenir guerrier Massaï d’Eric Gilberh, vous ne regretterez pas l’aventure. Nous sommes tous des Massaï sur le sentier de la guerre !