[vu] le nom des gens, film de michel leclerc

Sara Forestier et Jacques Gamblin dans Le nom des gens, comédie de Michel Leclerc et Baya Kasni Ces gens-là sont fort recommendables.

Mon billet n'est donc pas fait pour la promo d'un film absolument réussi qui va j'en suis sûre trouver son public. Ses atouts sont multiples à commencer par le talent des comédiens, premiers et seconds rôles, l'intelligence du scénario, la vivacité du montage, la bo (magnifique générique de fin).

Dans la salle cet après-midi, les rires fusaient, contagieux. Cette comédie est suffisamment complexe et bien fichue pour que chaque spectateur y déniche des pépites burlesques qui semblent avoir été glissées là spécialement à son intention par le réalisateur et sa co-scénariste.
Comme par exemple, le clavier Marsan
Autour de moi, on a dû se demander ce qui, dans cette histoire de clavier de machine à écrire ergonomique, déclenchait mon hilarité bruyante !

Pauvre vieux monsieur Marsan, je me suis souvenue de lui… et cela me faisait bien rire de le retrouver ainsi presque trente ans plus tard, en personnage malgré lui d'une comédie des années 2010.



A l'AFNOR où j'ai travaillé dans les années 80, Claude Marsan venait faire normaliser son invention après l'avoir faite tester dans… les gendarmeries. Si les gendarmes ne tapent plus leurs procès verbaux d'un seul doigt c'est peut-être grâce aux nombreux tests que Monsieur Marsan leur faisait exécuter dans ces années-là. Malheureusement aucun constructeur n' a suivi les recommandations Marsan, qui bien qu'ergornomiques, n'étaient peut-être pas économiques. Le clavier Marsan n'a pas eu le succès international dont son inventeur obstiné rêvait.
Dans mon souvenir, ce très vieux monsieur faisait souvent le siège de nos bureaux – on ne parlait pas encore de harcèlement au travail – et nous nous vengions un peu minablement en nous moquant très peu charitablement de son grand âge, de ses noeuds pap', et de son vieux cartable de cuir. J'ai retrouvé grâce à gougueule, une image de ce temps-là :

Claude Marsan et son clavier

quelques vraies chroniques du film… chez :

 

 

14 thoughts on “[vu] le nom des gens, film de michel leclerc

  • leblase
    29 novembre 2010 at 19h53

    pas vu, et je e méfie de plus en plus des comédies de moeurs françaises: on avait tellement recommandé à la Sirène “un conte de Noël” de Desplechin qu’on s’est infligé cette grosse incongruité.
    Mais l’histoire du clavier est marrante et tellement incohérente: l’actuelle disposition des touches est anachronique, puisque comme tu le sais surement, c’était précisément pour ralentir la frappe que les lettres avaient été disposées telles qu’elles sont dans l’azerty ou le qwerty.
    Il s’agissait alors d’empêcher que les tringles des machines à écrire ne s’emmêlent sous la rapidité de frape des secrétaires d’antan..
    C’est encore plus aberrant lorsqu’on tape son truc sur une tablette, bien entendu. J’aime bien la photo que tu as dégotée

  • des fraises et de la tendresse
    29 novembre 2010 at 22h37

    Oui, très joli film, drôle
    J’ai cru voir passer quelques critiques négatives. Mais je me méfie des critiques qui descendent certains films sans en voir les qualités. Car oui il est fait de clichés, mais 1/ les clichés sont la réalité 2/ les clichés sont un ressort comique ; bref, je ne vais pas en faire une critique sur ton blog. Beaucoup aimé ce film !!! Content de lire ton anecdote de ce monsieur Marsan.

  • tilly
    30 novembre 2010 at 8h57

    Je comprends le dépit de la Sirène et le tien : le film prétentieux de Desplechin n’avait rien d’un conte et encore moins d’une comédie… tandis que celui-là est bien les deux à la fois. Burlesque et poétique, léger souvent et profond parfois.
    Je pense que tu aimerais la théorie de la vitalité hybride que développe très sérieusement Arthur Martin (Gamblin), epizootiste de profession.
    Et puis il y a le goût de la crème chantilly dont je ne pensais pas qu’il pouvait avoir un tel rôle dans un film, en plus de symboliser la légèreté.
    Oui, il était mignon ce Monsieur Marsan, mais il pouvait être très chiant aussi… un vrai personnage de burlesque lui aussi.
    Il semblerait que d’irréductibles gaulois, à sa suite, n’aient pas abandonné l’espoir d’éradiquer le syndrome du canal carpien chez les générations futures : voir le projet bépo http://bepo.fr/wiki/Accueil

  • tilly
    30 novembre 2010 at 9h04

    En tout cas les blogueurs semblent plutôt unanimes dans la louange 😉
    J’aimerais vraiment savoir comment le projet Marsan a atterri dans le scénario du Nom des Gens… Il y a une foultitude d’autres références complètement décalées qui font une bonne part du charme de cette comédie.

  • gerard
    30 novembre 2010 at 9h44

    Ayant fait mon service dans les transmissions en Allemagne, j’ai été affecté aux telescripteurs. Nous avons appris pendant des heures, la frappe automatique de textes cryptés sur d’anciennes machines de l’armée allemande. La salle était équipée de 40 machines bruyantes, nous étions installés debout juste appuyés sur des sortes de tabourets de bar et en tenue militaire, claviers allemands donc une sorte de QWERTY. Nous apprenions avec un cache clavier en bois, puis à la cadense d’un métronome régulièrement accéléré. Alors la forme du clavier (sorte de vieille machine à tringle …) ne nous effrayait même plus. Il a fallut s’adapter à d’autres formes et dispositions des touches pour travailler sur les perforateurs de cartes de quelques travaux d’informatique, puis avec les claviers-écrans de divers fournisseurs, parfois en anglais. Et que dire des claviers plats des portables? quant aux touches minuscules des smartphone c’est là où j’ai trouvé ma limite.

  • tilly
    30 novembre 2010 at 10h53

    Gérard, j’adore ces commentaires-témoignages qui naissent à propos d’une actualité culturelle quelconque : ils font (pour moi) le plaisir et l’intérêt de bloguer 😉
    Et du coup, votre souvenir en fait naître d’autres…
    J’avais appris la dactylographie sur machine à écrire avant mon entrée en fac à Orsay (1966).
    J’étais à l’époque une des rares étudiantes (je devrais dire étudiants, nous étions si peu de filles) à savoir taper avec les deux mains.
    Cela m’a beaucoup aidée pour les cours de programmation en Fortran et Cobol !
    Et puis ça m’a permis de gagner quelques sous : 10 centimes la carte bristol portant une référence bibliographique, transformée en cartes perforées pour l’automatisation du catalogue de la bibliothèque universitaire.
    Effectivement, quel bruit ça faisait ces perforatrices ! Et si on faisait une faute de frappe (faute de trou) il fallait recommencer… Et faire bien attention à ce que les cartes perforées restent dans le bon ordre. Il y avait intérêt à les numéroter. Gare à la chute des boîtes en carton qui en contenaient chacune plusieurs centaines.
    Finalement, AZERTY ou QWERTY, j’ai vite su m’apprivoiser à la diversité… J’ai même râlé quand le minitel a essayé d’imposer l’ordre alphabétique ABCD… Là, j’étais vraiment gênée.
    A l’instant même je tape sur le clavier ultra plat de mon iMac, pour lequel l’esthétique a été le seul critère de conception semble-t-il. L’arrangement des touches est parfaitement calé dans un rectangle régulier aux coins adoucis. J’adore.
    A propos du clavier de smartphone : j’ai opté pour un clavier coulissant avec de vraies touches. Elles sont petites, c’est vrai, mais c’est quand même plus proche de la saisie sur un pc. Et puis il y a les petites touches-flèches haut-bas-gauche-droite qui facilitent bien la navigation (mieux pour moi que le glissement de doigt sur l’écran).
    J’ai aussi un petit truc à moi : j’utilise un tee de golf pour pointer et tapoter sur l’écran de mon smartphone, c’est beaucoup plus précis 😉

  • asr
    1 décembre 2010 at 12h09

    Détail amusant : le « clavier Marsan » vu dans le film est un clavier « BÉPO », qui existe aujourd’hui.
    Il existe des autocollants pour transformer un clavier classique en clavier BÉPO, et la société États-Unienne « Typematrix » produit des claviers directement imprimés en BÉPO.
    Éspérons une longue vie à cette disposition !

  • tilly
    1 décembre 2010 at 17h28

    Excellent ! Merci Gaétan pour votre visite et les précisions apportées. Et que vive bépo.
    J’aimerais quand même bien savoir comment cette idée gagesque est venue au réalisateur Michel Leclerc ?

  • momo
    29 janvier 2015 at 15h30

    Comme c’est émouvant de retrouver dans ce film mon cher Monsieur Marsan pour qui j’ai travaillé de 1983 à 1985 ! J’ai travaillé pour la reconnaissance de ce clavier et son apprentissage dans diverses administrations. Contente de ce petit rappel de ce Monsieur qui croyait tellement fort à son clavier! …. et moi aussi d’ailleurs!

  • tilly
    29 janvier 2015 at 16h06

    comme c’est sympathique et réconfortant de voir une lectrice venir commenter un article ancier… merci pour ce plaisir !
    je suis d’autant plus confuse d’avoir été un peu moqueuse avec ce cher Monsieur Marsan…

  • Patrice Marcelli
    23 avril 2016 at 17h16

    Comme c’est touchant d’entendre parler de Claude Marsan après tant d’années. Je m’occupais des équipements informatiques de la Commission européenne et il voulait nous faire fabriquer son clavier. J’ai dû lui expliquer que nous ne pouvions acheter que des produits existants, que d’autres départements pourraient peut-être fournir des subventions, etc. J’étais un peu triste de devoir doucher l’enthousiasme de ce sympathique professeur Nimbus.

  • tilly
    24 avril 2016 at 18h15

    Merci beaucoup de votre visite et pour ce commentaire si longtemps après la publication du billet !
    Cela me réconforte (un peu) sur l’avenir et l’utilité des blogs, en général.
    Contente aussi que le référencement Google (ou un autre ?) fasse toujours ressortir cette anecdote sur Monsieur Marsan.
    En 2010, les commentaires étaient beaucoup plus nombreux qu’aujourd’hui, j’espère que vous aurez apprécié ces témoignages qui, pour ceux qui l’ont connu, expriment tous leur grande sympathie pour cet homme à la conviction admirable.

  • Patrice Marcelli
    6 mai 2016 at 10h28

    Un souvenir m’est revenu. Il m’avait dit quelque chose comme: “J’ai 80 (?) ans, je n’ai pas le temps d’attendre”.
    Que de choses dans cette phrase!

  • tilly
    6 mai 2016 at 15h38

    c’est très sympa de venir “déposer” ce joli re-souvenir ici !

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