[expo] les fantômes esthétiques d’yves saint laurent sont au petit palais
"
Tout homme pour vivre a besoin de fantômes esthétiques. Je les ai
poursuivis, cherchés, traqués. ”
A l'occasion de l'exposition YSL (11 mars — 29 août 2010), le palais est vraiment hanté, magnifiquement hanté…
Mais ce ne sont pas des bruits de chaînes que l'on entend, ce sont des airs d'opéra, ou les ballades d'Alain Chamfort..
Pas de toiles d'araignées : à la place, des pans de mousseline frémissants, des soieries, des broderies, des plumes, des perles.
Pas de chauve-souris : des smokings noirs, féminins, tous différents, des dizaines de smokings accrochés comme des tableaux sur un mur… entièrement noir, pour finir.
Je suis pas naïve : j'imagine bien tout ce que cet enchantement doit à la technologie, à la scénographie, aux lumières et au talent des concepteurs de l'exposition. Et aux gros sous dépensés par la fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent et la Mairie de Paris pour rendre au couturier cet hommage… Malgré tout, on peut reconnaître une grande réussite artistique et ne pas bouder son plaisir !
Le premier des nombreux fantômes que l'on croise au Petit Palais est celui de Marcel Proust.
D'ailleurs c'est lui le véritable maître de maison.
Déjà, en sortant du métro, il y avait du crottin sur la chaussée (vrai !). Les allées cavalières, les pavillons comme des petits hôtels particuliers posés au milieu des jardins. On s'étonne de ne pas voir d'enfant au cerceau. On est déçu de ne pas croiser de beaux messieurs à la moustaches cirée, la canne avantageuse, soulevant leur huit-reflets pour saluer les belles amazones en promenade. On regrette les calèches. Marcel Proust est là, qui accueille les visiteurs invités en haut de l'escalier monumental.
Comme le faisait Marie-Hélène de Rothschild en 1971 au château de Ferrières, pour un bal donné à l'occasion du centième anniversaire de la naissance de l'écrivain. Au bal Proust de la baronne, Jane Birkin portait une des quatre robes créées pour l'occasion par le couturier [photo].
« Marcel Proust m’avait appris que « la magnifique et lamentable famille des nerveux est le sel de la terre ». J’ai, sans le savoir, fait partie de cette famille. C’est la mienne. Je n’ai pas choisi cette lignée fatale, pourtant c’est grâce à elle que je me suis élevé dans le ciel de la création, que j’ai côtoyé les faiseurs de feu dont parle Rimbaud, que je me suis trouvé, que j’ai compris que la rencontre la plus importante de la vie est la rencontre avec soi-même »
A sa manière tourmentée et opiniâtre, Saint Laurent aura été un initiateur, un merveilleux passeur, invoquant pour l'inspirer dans ses collections, année après année, l'âme des poètes, des peintres et des cinéastes, qu'il admirait : Van Gogh, Diaghilev, Goya, Vélasquez, Cocteau, Picasso, Proust, Matisse, Visconti, Mondrian… d'autres encore, et le mieux-aimé d'entre eux : Marcel Proust.
tilly
Je réponds ici à erwanestdrôoooooooooole pour continuer la discussion sur twitter qu’il a entamée sur
http://tillybayardrichard.typepad.com/le_blogue_de_tilly/2010/04/couverture-la-salegossitude-de-marcedouard-nabe.html
(stratégie dite du fil de tilly pour attirer des commentateurs sur les billets orphelins de commentaires)
A mon avis il ne faut pas prendre Twitter pour un canard sauvage, même pas un tanard de fix.
Mais y a un rapport avec la chasse au tanard.
Twitter c’est un peu l’appeau.
C’est juste un système d’alerte pour attirer l’attention.
Cuicui, Coincoin, Tointoin, c’est tout.
ewancogite
je réfléchis …
http://johnewan.posterous.com/et-finis-par-me-poser-la-question
tilly
Ce 9 janvier 2013 j’ai modifié la présentation de ce billet pour en retirer l’illustration d’origine : j’utilisais une reproduction de l’affiche de l’exposition par Philippe Apeloig dont les droits sont gérés par l’ADAGP ; je l’ai remplacée par une photo moins artistique.
D’une façon générale j’ai accepté de mettre mon blog en conformité avec le règlement de l’ADAGP dont j’ignorais beaucoup de choses, et en premier lieu l’existence.
Je paie maintenant des droits pour la reproduction sur mon blog non-commercial d’un nombre limité d’oeuvres protégées (autorisation n° 734759).
J’ai du mal à saisir le bien fondé de la protection des affiches au même titre que des oeuvres éditées en nombre plus limité, alors je retire…