[lu] tohu-bohu, journal intime 2, de marc-edouard nabe
du samedi 16 février 1985 au vendredi 13 juin 1986, pp. 827-1648, index
éditions du Rocher, novembre 1993
Un fameux tohu-bohu : c’est pour commencer ce que déclenche l’émission Apostrophes du 15 février 1985 dans la vie quotidienne de Marc-Edouard Nabe.
Le jeune auteur de Au Régal des Vermines, s’était attendu à beaucoup de choses, bonnes et mauvaises, mais certainement pas à servir de punching-ball à un journaleux énervé, Georges-Marc Benamou, téléspectateur soit-disant outré par son comportement et ses propos au point de venir faire le coup de poing sur le plateau d'Antenne 2 après l’émission.
Pendant plusieurs semaines, Nabe restera cloîtré dans son petit chez lui, d’abord de crainte d’autres représailles, mais surtout pour laisser retomber l’indignation médiatique, soigner des plaies bien réelles et d’autres moins, retrouver des forces auprès d’Hélène la très belle, et se préparer à repartir combattre aux fronts de la littérature, de la peinture et du jazz.
Le précédent et premier volume du Journal intime c'est : Nabe's
Dream
Les volumes suivants du Journal intime sont : Inch'Allah, Kamikaze
Avec Tohu-Bohu comme avec Nabe’s Dream (journal intime, tome 1), un grand plaisir de lecture naît de la narration précisément datée, régulière, au quotidien, d’événements souvent petits plutôt que grands, et de pensées légères ou profondes, selon les jours et les humeurs de l’auteur.
Cela crée un suspens délicieux, addictif : qu’est-ce qui va lui (leur) arriver demain ?
Je sais aujourd’hui, que même si il les a écrites au jour le jour ou presque, Nabe a pu retravailler ses notes quotidiennes pour publier le journal de 1985-86, sept ans plus tard en 1993, tel que je le lis aujourd'hui en 2010.
En 1985, Nabe n’avait pas encore décidé de publier le journal intime. Je saurai sans doute un jour (en lisant Inch’Allah ? Kamikaze ?) ce qui l’a amené à cette décision, et ce que cela a pu changer dans sa conception du journal intime et de son élaboration.
Pour le moment, j’observe seulement que des textes additionnels ont été placés par l'auteur dans Tohu-Bohu, en chronologie mais sans doute après coup : tout d’abord, les fac-simile d'articles de presse sur la sortie du Régal, des lettres de lecteurs, puis les extraits feuilletonesques d’un conte qui ne sera jamais publié : Bordelgrad, le cinquième voyage de Gulliver.
On trouve aussi des textes très construits, comme des chroniques : sur le jazz, des musiciens, des peintres, des écrivains, le cinéma, le théâtre.
Cela rajoute une dimension au plaisir de lire le journal intime, un peu comme des papillotes surprise dans un calendrier de l'avant à rallonges !
Vie quotidienne de l’écrivain mis à l'index médiatique
Une fois le choc d’Apostrophes amorti, la menace d'un procès intenté par la LICRA écartée au moins provisoirement, l’éditeur Bernard Barrault a une idée très empathique et généreuse : envoyer son auteur rincé et sa belle en vacances, aussi longtemps qu’ils le souhaitent. Nabe met alors sur pieds un plan touristico-picturo-littéraire ambitieux, sur plusieurs mois, en auto, devant les conduire en Italie de villes en musées, après un séjour familial dans le midi, chez la tante et la grand-mère du côté paternel. Et surtout, le projet d’un grand premier roman : Errance.
Quand j’ai lu ça je me suis dit, chic ça y est, il va raconter l’écriture et l’édition de Le Bonheur !
Mais non. Voyage décevant, écourté, retour sans gloire à Paris après quelques jours. Errance avortée, est mise en cartons.
Seulement les cartons justement, ils vont voyager, eux. Trois adresses en moins de deux ans.
De la regrettée rue Boissy-d’Anglas, au contingent gourbi du quartier des Epinettes (qui sera pourtant sublimé plus tard dans Le Bonheur !), pour finir dans le laborieux studio du bas de la Butte-aux-Cailles.
Tant bien que mal, le couple Nabe s’accommode de la vie d’artistes.
Quelques échappées belle-familiales dans les Ardennes. Arrivée dans la petite famille de la chatte Pin’up, exfiltrée des Epinettes, futur personnage du Bonheur et de Alain Zannini.
Cinquante francs par jour ! A vingt-six ans c’est dur de dépendre de ses parents. Opiniâtrement, Nabe apprend l’indépendance financière, les négociations commerciales avec les éditeurs. Il ne désespère pas d’être mensualisé un jour, comme certains auteurs, et s’y emploie sans grand succès encore. En attendant, tout pour la littérature !
Les nouveaux venus…
Les lecteurs-amis : Pierre Pascaud, Eric Mazet, Jacques d'Arribehaude. Qu'il s'agisse d'échanges épistolaires ou de rencontres dans la vraie vie, la relation avec les lecteurs est une nouveauté pour Nabe, et il s'en pourlèche, au début.
Hélène et lui feront une expérience bien amère en acceptant l'invitation de Mazet à venir passer de longues vacances chez lui ! Bienheureusement, cela nous vaut quelques pages drôlatiques et plus, dans le journal.
Jean-Edern Hallier : Nabe danse une sorte de valse hésitation, alors que Hallier déborde d'enthousiasme, d'impatience et de projets pour son nouveau coup de foudre littéraire. Round d'observation.
Arletty : la rencontre avec la vieille comédienne prépare celle avec Lucette. Pourtant Arletty ne "LA" porte pas dans son coeur. C'est Céline, mais aussi Guitry, à qui Nabe rend visite chez Arletty.
Il n'y aura pas de rencontre mais de nombreux entretiens téléphoniques entre Nabe et une autre veuve : la roumaine caractérielle, Madame Veuve Rebatet.
Les anciens venus…
On
retrouve Albert Algoud, “l’ami fidèle”, kleptomane et avaricieux.
Jackie Berroyer, “le con instruit”. Francis Paudras, mais la
calamiteuse aventure du tournage de Autour de Minuit de Tavernier, va distendre leurs relations.
Toujours la bande de Hara-Kiri autour de Choron, et les fameux mardis de la rue des Trois Portes. Mais petit à petit l’ambiance n’y est plus, Hara-Kiri c’est fini.
Les disparus…
Dans le journal intime, Nabe prend l’habitude d’écrire la nécrologie du grand mort du jour, quand il y en a un.
Le 12 octobre 1985, la disparition d’Orson Welles lui inspire un bel hommage fervent. Par contre le 14 avril 1986, la notice nécrologique de Simone de Beauvoir est toute autre, lapidaire !
Mais il y a aussi les suicides… bizarrement sur une très courte période, Nabe sera marqué par plusieurs disparitions volontaires, terribles, plus ou moins proches : Odile Bernier la femme de Choron, Luce de l’entourage de Choron elle aussi, Laurent Goddet (journaliste spécialiste du jazz, ami), l’actrice Dominique Laffin (elle, je me souviens bien de sa disparition qui m’avait touchée à l’époque ; sa fille qui devait être toute petite, c’est Clémentine Autain, la députée communiste).
Le jamais-revu…
L’ami à vie, le copain de régiment, Maes, dit Maestro.
Ce sont des pages magnifiques et un peu folles, écrites à la date du 24 octobre 1985, jour où Hélène fait faire à Nabe le pélerinage de la caserne de Charleville.
La littérature
Au final le bilan écriture de cette courte période de quinze mois est impressionnant : trois nouvelles publications, un flop, un espoir de succès, deux nouveaux éditeurs.
Zigzags, recueil d’essais chez Barrault : le flop, la déception. Nabe mettait beaucoup d'espoir dans cette publication complémentaire et inverse video du Régal.
Chacun mes goûts, plaquette d’aphorismes aux éditions Le Dilettante.
L’Ame de Billie Holiday, écrit en quinze jours dans les Ardennes, publié par Bourgadier (enfin !) chez Denoël.
Le jazz
Le feuilleton Sam Woodyard continue, et va se transformer en affaire, cruelle pour le bon Marcel.
Sam, l'idole de Nabe, batteur de légende chez Ellington, totalement inconnu à Paris, s'affaiblit, tombe très malade, est hospitalisé.
C'est ce que semblait attendre une drôle de créature qui se prend pour la baronne Pannonica sans en avoir ni le coeur, ni la tête, ni les moyens. Sous prétexte de sauver le musicien sub-claquant, elle le sépare brutalement et méchamment de ses amis musiciens parisiens et du clan Zanini.
Le Petit Journal (Saint-Michel) :
"Je vais finir par apposer des plaques partout dans ce Petit Journal… Tant de rencontres, de télescopages de personnages ! C’est le refuge sacré de mon élite intime : un jour ou l’autre tous mes soldats se sont retrouvés, ici, entre deux guerres…"
"Vous vous reconnaîtrez !"
C’est une petite phrase énigmatique dans Alain Zannini, mais pour moi elle résonne partout dans l'oeuvre de Nabe. C'est ce qui crée l'interactivité avec le lecteur, dans le journal intime, comme dans le roman. J'ai déjà dit à propos de Nabe's dream et de AZ combien j'aimais tomber par surprise, sur des personnes, des lieux, des événements que je reconnais, qui font partie de ma vie, réelle ou virtuelle, passée ou présente.
Les soeurs Martin : les libraires de Voyelles, la librairie de mon ancien quartier, rue des Entrepreneurs ! Je les connaissais déjà en 1986 ! Je ne sais plus où j'ai acheté AZ en 2002, mais une chose est sûre ce n'est pas chez elles ! Elles ne pouvaient pas voir Nabe en peinture, et c'était évidemment réciproque à lire le portrait sans pitié qu'il leur tire. Chez elles un jour, j'avais croisé Polac qui habitait rue de l'Eglise…
BW, c'est Bernard Wallet, alors éditeur chez Denoël et qui travaille sur L'Ame. J'ai fait sa connaissance livresque cet été dans le roman éponyme BW, de Lydie Salvayre. Dans mes notes de lecture, je faisais ressortir le désenchantement de Wallet devant le désastre de l'édition, véritable raison de son renoncement à un métier qu'il a tant aimé dans les années 80.
Jacques Sternberg, était Le Dériveur, l'amant de Dorothée Blanck dont j'ai découvert il y a peu le blog infiniment touchant. Nabe rencontre Sternberg, mais ne lui porte pas un intérêt particulier, et réciproquement.
Le Heysel (29 mai 1985). J'ai un souvenir cauchemardesque de cette soirée. Pourquoi étais-je devant la télé et pour un match de foot, ce jour-là justement, alors qu'Alain était en déplacement à l'étranger ? Avec l'attentat du 11 septembre, ce sont pour l'instant les seules catastrophes humaines auquel j'ai assisté en direct, du moins en temps réel, sur le petit écran. La chronique de Nabe sur le drame du Heysel est brillante, violente et cruelle, comme l'événement.
Le Petit Journal St Michel, je ne le connaissais pas à l'époque de Tohu-Bohu, mais ce que Nabe en dit en 1986 me parait tellement familier ces jours-ci…
Le 15 avril 1986, c'est la Journée du monde (?) pour Nabe. Pour moi c'est le jour de la naissance de Clément-Fils.
En avril 86, il avait neigé sur Paris, et alors que je finissais de lire Tohu-Bohu il y a quelques jours, le boulevard Pasteur ressemblait presque à une peinture d'Utrillo.
Le précédent et premier volume du Journal intime c'est : Nabe's
Dream
Les volumes suivants du Journal intime sont : Inch'Allah, Kamikaze
Retrouvez sur ce blog
mes billets plus anciens (depuis 2005) autour l'oeuvre et de l'actu de
Marc-Edouard Nabe : dans la catégorie nabe
Voir aussi le site des lecteurs de Marc-Edouard Nabe et,
depuis le 1er janvier 2010, la plateforme de vente directe de ses livres
Jérémy
J’aime le suivant c’est-à-dire “Inch allah”. Du très bon ! Surtout quand il parle de Jean Edern…
tilly
– alors ça doit être pour ça que plus aucune médiathèque de Paris et banlieue n’en détient un seul exemplaire ;(
– heureusement je vais pouvoir piocher dans ma cagnote dès le mois prochain pour le commander sur marcedouardnabe.com (962 p., 60 euros) 😉
marina
Tilly je viens de lire une page dans l’Express sur ME Nabe. Et tout d’un coup j”ai compris !!!!!! tu es son attachée de presse, fervente !!!! quelle chance il a ;))
tilly
– désolée de te décevoir marinagatha !
– mais quand Nabe écrit parlant du Petit Journal :
“C’est le refuge sacré de mon élite intime : un jour ou l’autre tous mes soldats se sont retrouvés, ici, entre deux guerres…”
je me sens un peu faisant partie de son régiment 😉
– on te voit à l’anniv de dénèmes vendredi ?
marina
Oui je comprends ces concordances……Vendredi je pars à la campagne, cobaye pendant 2 jours pour une copine qui passe un diplôme de réflexologie !! et qui est sûre qu’elle va me guérir…de plein de choses !
Et puis Deunemeu ne m’a pas invité na !!
yann
bonsoir tilly,
j’ai le seul exemplaire de tohu bohu des bibliotheques de paris entre les mains que je lis par fascination pour le petit monde des lettres parisiens; votre blogue est tres sympathique et on voit que vous êtes absolument passionnée par Nabe.
J’avais seulement deux choses à dire, car je me dis que l’avis d’un lecteur de nabe et de vos articles peut vous intéresser. La première, c’est que mon goût pour la littérature tend vers le superficiel et le profond. Je déteste ce qui navigue entre les deux. Dans le cas de Nabe, je n’hesite pas à dire qu’on est dans le superficiel, c’est-à-dire le fast-food de la littérature, plaisant, vite lu, vite oublié… ca passe comme un steak frites. Je ne sors pas d’un Mc Do avec la sensation d’avoir gagné de l’intelligence, mais content et conscient d’avoir mangé de la nourriture de basse qualité, une émotion gustative facile. Une soirée avec Nabe, est un peu comparable à ces deux heures de zapping sur dailymotion ou youtube que l’on passe, désoeuvrés, pas d’attaque en tout cas pour reprendre Du côté des Guermantes, par exemple.
La deuxième chose est on ne peut plus triviale, c’est une question. Ce type là n’est pas très intelligent et il n’a pas d’éducation, cela se voit. Il n’a aucune classe. C’est un petit sarko des lettres raté. Sa mégalomanie, son énergie, cela le rend intéressant. Son style est plaisant, rigolo, pas routinier, ca je vous le concède. Mais comment arrivez vous à éprouver de la sympathie pour lui, cela, je l’avoue je n’arrive pas à le concevoir. Il y a des auteurs irréverencieux qui ont de la classe, peu mais il y en a. Vous les connaissez.
Ne m’en veuillez pas, mais c’est réellement ce que je pense. Yann
tilly
bonjour yann, je trouve votre commentaire un peu… fumeux mais je vais m’appliquer à y réagir clairement :
– que Nabe ne soit pas très intelligent ni éduqué, qu’il n’ait pas de classe, c’est votre jugement et je ne le partage pas
– vous dites que “cela se voit”… moi “je lis” tout le contraire, et je suis admirative de l’étendue de la culture de Nabe dans des domaines artistiques différents
– vous vous étonnez de la sympathie que je marquerais d’après vous pour Nabe, moi je dirais que c’est de l’admiration portée à un écrivain rare dont j’apprécie l’oeuvre, et que j’exprime comme je peux dans mes notes de lecture
– d’ailleurs puisque vous me faites réfléchir à la question, je m’aperçois que mes admirations culturelles vont souvent à des personnages controversés, et dont la personnalité est plutôt d’apparence rugueuse : Stallman, Benveniste, Nabe. Etaix serait une exception remarquable à cette série !
– ce qui réunit ces hommes très différents, c’est leur amour absolu de la liberté, leur exigence à pouvoir s’exprimer ou agir librement, leur révolte contre toute contrainte liberticide
ps – attention à l’utilisation des métaphores… il faut un véritable talent d’écrivain pour en user sans tomber dans le ridicule ! ne m’en veuillez pas de vous le dire.
yann
bonjour! Je réponds brièvement à votre commentaire qui commente le commentaire d’un commentaire écrit sur un texte pseudo littéraire… Vous voyez que nous ne sommes loin de la littérature tous les deux! J’accepte que vous me disiez que je suis ridicule, me réjouissant de trouver enfin un dénominateur commun à nos élucubrations! Bien à vous
Lingane
Article très plaisant à lire, chère Tilly. Vous résumez bien ces deux ans post-régal, dans l’esprit du journal, en en faisant un feuilleton, avec les personnages qui vont, viennent, s’en vont ou reviennent.
Ah, je les ai lu tant de fois, ces journaux, c’est une honte que je n’ai jamais trouvé le courage d’écrire dessus. La lecture nabienne n’épargne pas le lecteur, tantôt admiratif, tantot riant aux larmes, tantôt ayant des envies de meurtre (j’ai détesté son opinion sur le Heysel, non pas en soi, mais en comparaison avec une autre “entrée” du journal ou il regarde une émission sur un Noir qui va être condamné à mort aux USA, qui le boulverse, gnnnn, ce deux poids deux mesures m’énerve)
Mais je tombe là dans le travers du mauvais lecteur qui préfere blablater sur 1 truc qui ne lui a pas plus plutôt que d’évoquer les 250 choses qui lui ont plus…
Pour finir, j’ai bien aimé qu’en fin de billet vous dressiez le caractère intime de votre relation au journal intime, elle doit être différente pour chaque lecteur, ce serait passionnant d’en faire la compilation.
Pour finir (bis), grand amateur de journaux intimes d’écrivains, je me demande parfois s’ils ne révèlent pas le monstre qui sommeille en chacun de nous. En effet, nous nous délectons (je dis “nous” car je suis quasi-sûr de n’être pas le seul à éprouver cela) des passages relatant les moments “difficiles” de l’auteur (dans ce tome, je pense particulièrement au mois de juin 85, Kate Manheim, Odile, la fête de SOS…)
tilly
C’est gentil, merci Lingane… ça fait plaisir, surtout après l’avoinée que j’ai prise ces jours-ci sur le site des lecteurs de Nabe !
Je m’étais arrêtée au milieu d’Inch’Allah, au jour de la rencontre avec Jean-Jacques Schuhl, pour lire y-celui.
Et alors… et alors…Z… est arrivé : L’Homme qui arrêta d’écrire a fait son entrée en beauté.
Je le relirai, mais pas tout de suite. Je me suis promis de lire Ulysse de Joyce et La Divine Comédie de Dante avant une relecture du 28ème livre !
Mais dans quelques jours je vais pouvoir reprendre Inch’Allah pour le finir, et cela me réjouit beaucoup.
Je dois avouer que j’ai essayé le Journal de Léon Bloy, mais j’ai du mal à cause de mon manque de connaissances sur son époque et ses contemporains (honte sur moi). Le journal de Nabe c’est “mon époque” !!!
Lingane
Chère Tilly, je reste sur cette histoire de monstre sommeillant en chaque lecteur, mais… quel est le titre du sujet de forum ou vous vous êtes pris l’avoinée?
(Ulysse de Joyce, bon courage !)
tilly
C’est pas sur le forum… mais sur le site :
http://www.alainzannini.com/index.php?option=com_content&view=article&id=1740%3Atilly-decide-de-raconter-lhistoire-du-livre-03-fevrier-2010&catid=47%3Ablogs-internet&Itemid=66
Le monstre en chaque lecteur… cher Lingane, c’est séduisant et troublant, d’autant que pour Nabe, le bon lecteur est celui qui se met à la place à lui.
“Il faut que le lecteur s’identifie à moi et pas au lecteur, sinon il est foutu”.
Le monstre, le démon en moi, ce serait Nabe ? Mais moi je suis un ange 😉
Lingane
je viens de lire votre analyse du 28e livre (que je n’ai pu commander, hélas, faute de chéquier d’une part, faute de renseignement fiable sur le VRAI site paypal -il y en a deux, méfiance), et je crois que cette phrase, sur le lecteur qui doit s’identifier à l’auteur ne s’applique qu’au roman, pas au journal intime.
Non, vraiment, le monstre ne se réveille que pour les journaux. Lorsqu’il lit un roman, fatalement, le lecteur s’identifie au narrateur, ce sont deux univers bien différents.
tilly
– c’est juste Lingane, et vous avez raison de remettre les points sur les i, et ma tête à l’endroit
– heureusement que je n’ai pas écrit cette connerie sur le forum 😉
Lingane
Ne soyez pas trop dure. Moi j’ai bien aimé votre résumé du livre. Je ne suis pas d’accord avec Jazza, ce résumé n’enlevera rien au plaisir de la première lecture, puisque celui-ci tient dans les mots, le style, la phrase, la joie et cette quintessence de la littérature qu’est l’écriture de la VÉRITÉ.
(bon alors, c’est paypal.com ou paypal.fr, le site officiel et sécurisé? je veux mon 28e livre!!)
tilly
– pour paypal, je n’ai pas eu votre méfiance, j’utilise mon compte sur paypal.com pour des achats ailleurs que chez marcedouardnabe.com, sans souci jusqu’ici
– il y a aussi une option de paiement par virement (?)
Lingane
j’ai eu la désagréable surprise de voir que mon compte sur le forum alainzannini avait été supprimé et qu’on ne pouvait pas s’inscrire.
Z’auriez une idée de la raison??
Diane Bourget
Je suis une fervente lectrice de Nabe depuis la parution du premier tome du Journal (je les ai tous d’ailleurs, ainsi que la plupart de ses livres, obtenus sur commande car je suis du Canada). Je vais me procurer son dernier roman illico. Je lis Nabe comme un cas clinique mais passionnant.
tilly
Bonjour Diane, et merci de votre visite !
Je me souviens justement d’une phrase que j’ai lue il y a peu (je viens de finir le tome 3).
C’est François Rilhac le jeune pianiste de jazz disparu, qui dit parlant de Nabe en 87 :
“on croit qu’il dit des conneries, et c’est toujours la vérité !”
Non, moi ce n’est pas du tout comme un cas clinique que je vois Nabe, mais comme un artiste singulier et par conséquent difficile à comparer, pour ne pas dire incomparable…
Bonne lecture de L’Homme qui arrêta d’écrire, vous allez vous régaler !