dézinguages

Honoré Daumier - Les gens de justiceEn sortant du Palais de Justice à la nuit tombée je n'avais pas vu le gendarme en faction sur le trottoir.  La collision frontale fut évitée de justesse. Mais mon sac balancé à l'épaule a carrément dévié le canon du fusil mitrailleur qu'il portait en bandoulière.

Cela m'a faire rire. Lui aussi. De soulagement.

– Mais qu'est-ce que tu fichais au Palais, de nuit ?
– Tu suivais le procès Colonna ?
– Heu non, c'était pour…

la Berryer de Mademoiselle Catherine Deneuve

Catherine Deneuve, Berryer du 12 mars 2009Mais qu'est-ce qu'elle fichait Catherine Deneuve à …

Elle était ce 12 mars, l'invitée d'honneur comme avant elle beaucoup d'autres acteurs, humoristes, femmes et hommes politiques, conviés régulièrement à assister aux débats (pour rire) de la promotion 2009 de la Conférence des Avocats du Barreau de Paris (lien). Ils sont douze, les Secrétaires de la Conférence (lien), pour ce concours d'éloquence.

La séance se déroule dans la salle des Criées, selon un protocole immuable, en présence d'un public nombreux qui acclame après une longue attente l'arrivée des Secrétaires en compagnie de leur invité, se frayant malaisément un passage au milieu de la foule surchauffée. L'ambiance traditionnelle de jeux du cirque est soigneusement entretenue, séance après séance. Le public est jeune presque entièrement constitué d'étudiants en droit. L'entrée est évidemment libre, il suffit de connaître le rendez-vous (lien) et d'être prêt à s'y rendre une paire d'heures à l'avance !

Deux heures de rire, de férocité, de vacherie, d'auto-dérision, de talent, d'improvisation débridée, totalement gratuites. Ça fait du bien ! Je me suis demandé si Claude Villers ne s'était pas servi de cette tradition des avocats stagiaires du barreau de Paris pour mettre au point le concept de son émission chef-d'œuvre : Le Tribunal des Flagrants Délires (lien).

Alors elle était comment Catherine ? Bien, très bien. On m'avait dit, tu verras, elle est tirée de partout. Si c'était vrai elle n'aurait pas pu rire à gorge déployée à son propre portrait doux-amer déclamé par le rapporteur de la séance, puis aux discours valeureux mais un peu téméraires ou inconscients des deux candidats volontaires pour relever le défi de développer en public un sujet abracadabrantesque qui leur est imposé quinze jours à l'avance. A la suite de chaque discours, c'est le tour de piste des Secrétaires qui prennent un à un la parole et critiquent férocement le candidat. Le dernier mot revient à l'invité, souvent soucieux de défendre le candidat vilainement attaqué. A l'issue des discours de la soirée et des critiques, vient l'heure de la contre-critique. La parole est alors donnée à un ancien Secrétaire, qui vient clouer au pilori de sa propre éloquence, chacun des Secrétaires. La boucle est bouclée et l’autodérision triomphe sur un dernier mot de l'invité. Les dézingueurs sont dézingués.

Cette séance du 12 mars a beaucoup profité du savoureux décalage entre la classitude de Mademoiselle Deneuve et la tchache souvent au dessous de la ceinture des Secrétaires.

Pour preuves, l'envoi de l'actrice que j'ai réussi à enregistrer au vol (tendez l'oreille) :

Et un moment de la contre-critique :

" l'éloquence est la puissance de l'impuissance "
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9 thoughts on “dézinguages

  • tilly
    18 mars 2009 at 8h50

    Berroyer invité à la Berryer… j’en rêve !
    En attendant ce jour béni, j’ai savouré le portrait de Jackie Berroyer par Laurence Garcia pour l’émission Eclectik (France Inter) ce dimanche 15 mars de 10 heures à 11 heures. Sur le site de la radio, la journaliste écrit :
    « Je l’imaginais bordélique, il m’a reçu dans son appartement trop bien rangé pour être honnête. Comme si la femme de ménage était passée par là. D’un côté, la pièce à musique, un piano droit, des albums de Cab Calloway, une trompette, une guitare dont il sait jouer (un peu).Juste à côté, la pièce à livres avec ses chers philosophes dont il abuse un peu, beaucoup. Dans la bibliothèque, planqués sur la gauche, ses livres à lui, dont les titres ne sont que de lui : « Je suis décevant », « Ma vie de jolie fille » ou encore « La femme de Berroyer est plus belle que toi, connasse ! ».Et enfin la pièce pour faire l’amour, comme il dit, avec ce faux air de ne pas y toucher ! »
    Tiens la jolie Laurence n’a pas visité la cuisine ? Pourtant Berroyer ne parle (presque) que de ça en ce moment dans sa chronique Sine Hebdo.

  • leblase
    19 mars 2009 at 15h39

    Décidément, on est dans le zync en ce moment tous les deux.. Et du zync dans la même île par surcroît (même si aujourd’hui j’en suis très loin)

  • leblase
    19 mars 2009 at 15h40

    d’ailleurs zinc c’est pas zync. (Pour quoi le C de zinc se prononce t’il gh?)

  • tilly
    19 mars 2009 at 15h52

    c’est rigolo, parce que quand tu as parlé du dézingueur sur le shplouc , j’ai cru que c’était parce que tu m’avais lue zyci 😉

  • tilly
    19 mars 2009 at 15h56

    et figure toi qu’on trouve les deux écritures :
    plombier-zingueur
    plombier-zinceur

  • Vincent
    20 mars 2009 at 13h24

    J’ai souvent eu envie d’assister à ces conférences et puis l’attente m’a toujours découragé je l’avoue. Deux heures dis tu ?

  • tilly
    21 mars 2009 at 9h27

    deux heures incompressibles hélas, il faut s’organiser
    j’en ai vu qui organisent une rotation, mais à mon avis il n’est pas possible de garder plus d’une place vide à côté de la sienne, et encore, elle se réduit au fur et à mesure des arrivées dans la salle ;(

  • Vincent
    21 mars 2009 at 13h36

    Ah. Pardon pour ces questions matérielles… mais tu veux dire que tu entres directement et que tu attends deux heures dans la salle ? C’est mieux que dehors déjà.

  • tilly
    21 mars 2009 at 13h53

    Vincent, pour Catherine D. j’étais dans le hall des pas perdus à 19 heures, la salle des Criées était encore occupée par une audience, libérée à 19 heures 30, et ça a commencé à 21 heures 30 ! Je n’ai pas attendu dehors, comme je l’avais fait en 2007 et 2008 pour Hugues Aufray et Patrick Bouchitey. Une fois passés les contrôles de l’entrée du public à gauche de la grande grille, je me suis baladée comme j’ai voulu 😉

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