Manosque, non-photo n° 5 : Annie Ernaux
Place de l’Hotel de Ville, vendredi 26 septembre, un peu avant 19 heures, après la pluie
Sur la non-photo on voit l'estrade préparée pour le Tête-à-Tête de dix neuf heures. En fond pour décor de hautes étagères bourrées de livres. Cela rappelle un peu le plateau de Pivot pour Apostrophes. Sur le podium, trois bergères (fauteuils) vides face au public venu en nombre, avec au pied de chacune un marque-place portant en grosses lettres le nom du futur occupant. A gauche, Pascal Jourdana (l’apostropheur), au milieu Babeth Evrard (qui signe les entretiens de Manosque pour les mal-entendants). Le troisième fauteuil vide à droite, c'est la place d'Annie Ernaux.
La place, qu’Emmanuelle Devos lira intégralement au théâtre le soir même.
Avec La place, son second roman, Annie E. avait obtenu le prix Renaudot en 1984. Mais là maintenant elle est venue parler des Années. Elle dit son bonheur d’avoir été récompensée cette fois par le prix Marguerite Duras, justement à cause de la grande admiration qu’elle a pour l’écrivain également scénariste et auteur de théâtre.
Annie lit de longs extraits de son roman, la voix est belle. Malgré qu’elle s’en défende, il y a bien un pont, une boucle, entre La place et Les années.
[illustration hors-sujet : la maison de nos amis à Reillane]
« Une vie, c’est une mémoire » dit-elle. Une disparition, c’est la perte d’une mémoire, de ses contenus. La place, c’était celle du père, son histoire, sa mort. Les années, racontent sa place à elle, la fille. Elles restituent une mémoire, la sienne. Pourtant, Annie dit qu’elle arrête là, qu’elle ne poursuivra pas l’écriture des Années dont elle avait conçu le projet depuis La place, justement. Une préparation sur vingt années pour cet « enregistrement d’une vie ». Mes ce ne sont pas des mémoires. Annie dit qu'elle a écrit Les années avec un sentiment d’urgence sur la fin, quand la maladie et les accidents de la vie ont rendu un terme probable tangible. Pour ce qui reste, Annie Ernaux a d’autres projets.
Jo Ros
si je n’avais pas cliqué sur mon nom je n’aurai jamais su que l’on puisse écrire sur mon travail; aussi, Tilly, je suis très touché par votre réaction et celle de Paula et vous remercie sans savoir qui vous êtes et où vous étiez dans l’assistance; vous pouvez trouver mes livres dans les librairies de Manosque et à l’occasion je souhaite vous offrir mon dernier recueil de poèmes (Poèmes à bout de vent) qui sort dans un mois; bonne suite pour votre blog qui me semble très gai
-jo
tilly
Merci de votre visite, Jo. Cela me fait plaisir que vous ayez trouvé si facilement mes petites chroniques sur les Correspondances de Manosque au milieu de l’immensité numérique. Je ne suis pas du tout une blogueuse influente, alors c’est une fois encore la démonstration que les blogs font un lien direct efficace entre les créateurs et leur public.
PS – Jo a commenté l’article sur Annie Ernaux. Je suis sûre que c’est par grande modestie qu’il ne l’a pas fait à la suite de celui que je lui ai consacré ! A moins que ce ne soit par étourderie ! Mais plus certainement les deux à la fois 😉