[danah a dit] Accéder à l’information dans un monde interconnecté
Au mois de novembre dernier danah boyd participait à une rencontre Pearson Publishing sur les recherches liées à l’intégration des technologies de l’information avec les programmes d’éducation (en-us: digital learning). Sa contribution portait sur l’évolution des comportements des jeunes vis-à-vis de la diffusion ou de la recherche d’information numérique. danah dit avoir plus particulièrement cherché à sensibiliser les enseignants, les parents, et bien entendu les professionnels de l’information numérique, à ces changements sociétaux.
danah a dit (extraits):
- "Aujourd’hui les jeunes ont l’information disponible aux bout de leurs doigts et pourtant on leur dit sans arrêt de se méfier, que cette information est par nature non fiable et qu’ils ne devraient pas s’en servir."
- "Wikipedia c’est certain a des défauts, mais c’est loin d’être le diable déguisé en encyclopédie. En réalité c’est un site idéal pour l’apprentissage de l’évaluation de la qualité de l’information."
Le lien ci-après donne accès à la traduction en français de la totalité de la présentation de danah : fichier pdf, 86.2K.
Lisez, interprétez, évaluez et commentez le contenu de cet article, et nous réaliserons ensemble "en live" une petite partie du processus de validation de l’information dont nous parle danah ! Vous trouverez ici les commentaires des lecteurs du blog de danah aux States.
premier épisode : Introducing danah boyd
épisode suivant : Réseaux sociaux numériques : vie privée, vie publique, what else?
leblase
Bravo pour ce premier envoi.
J’hésite à asséner d’emblée une des critiques qui me revient souvent à la lecture des chercheurs liés à DB et elle-même : son absence de mise en perspective. En effet, pense-t’elle réellement que par exemple: “A tous les niveaux on constate un décalage croissant entre les habitudes quotidiennes des jeunes et ce qui leur est demandé dans leur environnnement éducatif traditionnel. Au moment où ils vont devoir s’adapter à une société dans laquelle la productivité est le meilleur moyen d’obtenir la reconnaissance de ses pairs, on ne leur laisse aucune chance de tester leur créativité intellectuelle.” soit nouveau et lié uniquement aux nouvelles technologies?
Alors que dans les années 50 et 60 déjà, d’autres éminents chercheurs des mêmes univertsités reprochaient ces faits, et notamment que l’élève, enfant ou plus agé, ne puisse porter la contradiction aux livres et thèses dominantes?
Par contre, tout le début de cet extrait renvoie à mon souci exprimé assez récemment d’une opportunité historique en passe d’être ratée, et l’on pourrait développer à loisir sur le transfert réalisable ;-))) (moimoimoi!)
Pazpatu
Merci de mettre cette très instructive contribution de Dana Boyd à disposition de tous les francophones par l’entremise de ta traduction.
Une première réflexion après lecture, reposant sur mon expérience de professeur de collège en éducation musicale.
“il est de plus en plus facile de n’avoir qu’une connaissance très superficielle d’un très grand nombre de sujets”. Contrairement à ce que l’on entend dire trop souvent, je suis frappé de constater combien mes élèves ont de connaissances sur une multitude de sujets, connaissances qui, il faut bien le dire, ont parfois peu de rapports avec les matières enseignées au collège.
Proposez-leur un échange informel sur “les musiques actuelles” — je n’ai pas dit “musique baroque”, vous avez remarqué ? — et vous les entendrez multiplier les références, établir des parentés, débattre en argumentant… Ils savent objectivement beaucoup de choses, mais ces connaissances sont très souvent un fin vernis qui une fois gratté laisse place au vide sidéral. Ces informations, ils les ont souvent obtenues en surfant le nez au vent sur internet (”clic, clic, clic”), par l’intermédiaire de blogs thématiques, en atterrissant, parfois malgré eux, sur wikipédia (site qu’ils connaissent fort bien, dès leur plus jeune âge, et qu’ils utilisent très volontiers).
J’adhère très fortement à ce que dit Dana Boyd à ce sujet, ayant constaté, en 17 ans de carrière, un changement notoire quant au degré d’imprégnation des connaissances chez les élèves. Je saurai dire maintenant qu’il s’agit d’informations reçues selon un “mode osmotique” 😉
Mais je dois bien avouer que ce que je constate chez les élèves, je l’observe également chez moi. A longueur de surf, tout internaute est bombardé “à l’insu de son plein gré” par une multitudes de sources de connaissances qu’il finit trop souvent par subir. J’aime ce mode de savoir, j’arrive encore vaguement à faire le tri dans les informations, mais un élève de 12 ans ?
mamzelle
L’université a peur de ce nouveau diffuseur de savoirs que sont les technologies nouvelles donc autant l’accuser d’avoir la rage…mais Dans un monde noyé sous l’information, est-on encore capable d’en contrôler le bien-fondé ? ce qui rend bien difficile une necessaire éducation médiatique comme est indispensable une éducation à la pensée critique …car si les journalistes obéissent à un code déontologique ( ce qui devrait jouer comme une garantie), l’info gratuite et celle de la toile n’obéit qu’à la liberté du diffuseur .. s’il est vrai que les réseaux facilitent l’acquisition et la diffusion d’informations (facebook , myspace) , ces infos échangées sont filtrées ( je ne reçois que celles que sont sensées m’interesser)…
ce fonctionnement en vase clos , outre le contrôle des faits et gestes de chacun ,( on sait en temps réel qui a fait quoi), est à mon sens mortifère par l’etroitesse de nos connexions :de bien petits mondes s’interessant à une foultitude de bien petites choses …des études réalisées par judith Kleinfeld montrent que les réseaux ne suppriment pas les barrières raciales et sociales …”plus de la moitiè des participants habitent en amérique du nord, sont de classe moyenne ,actifs, diplômés et chrétiens”…
et quand on sait l’importance pour les jeunes d’être connecté en permanence sous peine de rater quelque chose , je me demande quelle est leur representation mentale du monde …
moi
Chers mamz’Elle, leblase et Pazpatu,
Vos commentaires m’impressionnent. Je suis sûre que danah boyd n’en a pas reçu d’aussi intéressants sur son blog. En plus des traductions, il faudrait que je fasse des notes de synthèse de vos réactions et questions pour les lui communiquer ! Le hic c’est que j’aime moins le thème que la version…
Merci à tous les trois d’avoir pris du temps sur votre weekend pendant que j’allais chanter “Etoile des Neiges” et al. dans la rue (avec marina !)
@leblase: Ben dit donc c’est pas ta copine, db (lol) ! Au passage si tu connais des articles (courts) sur ces sujets par d’autres chercheurs qui ont de la perspective, dis-moi. Ce serait intéressant pour compléter les points de vue. A propos de ton dernier paragraphe énigmatique, on trouve des pistes récentes sur le shplouc, alors pour les visiteurs qui ne te connaîtraient pas (?) encore, je te cite :
“[leblase dit] au contraire que celui qui a faim doit obtenir le moyen de produire et de consommer. Ce moyen passe notamment par l’acquisition des informations, qui amènent la possibilité de faire des choix et par l’acquisition d’outils de communication. […] Celui dont le bol déborde, au lieu d’empêcher l’émergence d’une telle vitalité, ferait mieux de l’accompagner sincèrement.
@Patzpatu: Tu es visiblement un enseignant comme db les rêve, et tu n’as rien à voir avec ceux qu’elle fustige un peu radicalement dans sa présentation. Bravo. Même si tu sais qu’il y a encore beaucoup à faire, et tout le monde semble d’accord là-dessus.
@mamzelle: A propos des réseaux sociaux (qui n’étaient pas tout à fait le sujet de ce premier article) db a comme JK, dénoncé les clivages sociaux entretenus voir amplifiés, notamment avec la “concurrence” entre facebook et MySpace. Cela lui a d’ailleurs valu quelques soucis médiatesques, mais elle a résisté à ce qu’il parait.
Sur les dimensions étriquées des groupes sur les réseaux et la faible portée de nos connexions, je te trouve bien pessimiste, là aussi il doit y avoir fort à faire, à développer, et comme dirait leblase, si on baisse déjà les bras, on va rater une opportunité historique ?
marina
ca y est j’ai lu :-))))) ….Intéressant le développement sur la connaissance osmose. J’attends de voir si elle développe sur des actions concrètes ….C’est long ?
moi
Ayé marina, le second est publié, mais le thème est différent (réseaux sociaux et confidentialité). C’est ça qui me plait, les articles sont courts à peu près adaptés à mes compétences de traductrice amateur.