Vous montez ou vous descendez?

Où l’on voit que certains voudraient descendre en marche, alors que d’ autres s’apprêtent à monter…

Mark, un ami américain vivant et travaillant en France depuis de nombreuses années, cite sur son blog un extrait de l’article du 3 juin de Thomas L. Friedman pour le New York Times : A Race to the Top.

Voici une traduction non autorisée de cet extrait :

En votant, les citoyens de la vieille Europe (France, Pays-Bas, Italie, Allemagne)  semblent dire à leurs dirigeants :  stop, arrêtez , nous voulons descendre ; alors qu’au même moment en Inde, le peuple a exprimé à son gouvernement : stop, arrêtez, donnez nous un escabeau, nous voulons monter.

Le reste de l’article, vision d’un journaliste américain à Bengalore, décrit le formidable appétit de réussite économique actuellement porté par les entrepreneurs et les employés indiens. Il le met en perspective avec  l’apparente asthénie (il ne dit pas paresse, mais doit le penser très fort) et le pessimisme européens. Il dit aussi que nous autres européens ferions bien de nous réveiller, et de mettre notre morgue de côté car ce n’est pas seulement à cause du faible niveau de rémunération que l’externalisation croissante de services de nos entreprises vers l’Inde menace l’emploi en Europe, voire aux Etats-Unis. C’est aussi, et surtout, à cause de la grande qualité et efficacité de ces services.

Coïncidence, la semaine dernière je dinais avec Melanie et Justine, ex-collègues chez Sun comme Mark. Melanie, de nationalité indienne, était de passage à Paris avant de rentrer à Puna (à 200 kms de Bombay vers le sud, je crois), où elle vit et est retournée travailler pour une entreprise indienne. Elle aussi nous disait sa fierté de travailler en Inde, et de voir le niveau de vie en constante progression dans son pays. Avec Melanie, nous refaisions le monde et rêvions du jour où les niveaux  sociaux entre nos continents seraient rééquilibrés, suivant le principe des vases communiquants communicants. Si le monde est en marche vers cela, alors restons à bord !

8 thoughts on “Vous montez ou vous descendez?

  • Didier
    5 juin 2005 at 10h15

    C’est zarbi ton post ! vase communicant : faire monter l’un par descente de l’autre ! zarbi
    420 millions d’Européens, 1 milliard d’Indiens; qui peut quelque chose pour l’autre. Chacun sait que si demain la Chine et l’Inde atteignent le même niveau de vie que nous dans les mêmes conditions, la planète est morte ! je ne dis pas que les Indiens ou les Chinois n’ont pas le droit au même niveau de vie, je dis qu’il nous faut le penser autrement, pour eux comme pour nous, surtout nous d’ailleurs

  • leblase
    5 juin 2005 at 15h40

    Thomes Friedmann est un excellent journaliste, qui arrive à rencontrer toutes sortes de gens un peu partout, à un rythme effréné. De plus, il est très bien briefé par son staff (bonjour le franglais, scuse-moi) et du coup il ne balance pas des incongruités à la Marie-Claire. Pour l’Inde il avait été un des premiers à saisir l’extraordinaire potentiel d’Arundhati Roy, une écrivain activiste alter indienne (en plus un canon!)
    Quand on pense que nous, tout ce qu’on a, c’est ce réac de Bové…
    et ce qu’il dit sur la qualité des services et le désir de bien faire son boulot (à la différence de tant d’européens qui disent je salope mon boulot parce que c’est un boulot de con)comme argument pour la délocalisation est vrai, et partagé par beaucoup de CEO ou PDG.
    >Didiou l’article de Mame tilly est pas si zarbi: le niveau de vie des européens prend aussi sa source dans l’exploitation éhontée des colonies et plus tard de la pression bancaire faite aux pays émergeants.
    Si la Chine et l’Inde atteignent notre niveau de vie, cela aura été au détriment du notre, pour cause de non-compétitivité. tu sais que je suis depuis un moment branché sur le développement économique des pays de la misère, et j’ai acquis la conviction que ce sera possible en changeant non pas seuelement nos styles de vie, mais la nature même des circuits de distribution, vente, financements, exploitation, etc.
    Peu d’Européens, et très peu de Français sont montés dans ce wagon qui roule déjà, et pendant qu’il roule l’UE pète plus haut que son cul.
    Mais un jour c’est tout ce qui lui restera, si elle ne s’organise pas mieux, si elle n’invente pas de nouveaux métiers et de nouvelles manières de les exercer.
    Scuses pour la longueur, tilly, mai sy a vait de la place,les fenêtres étaient ouvertes, t’étais en train de faire tes courses, etc.

  • tilly
    5 juin 2005 at 18h42

    Didier> Tu as dû encore râler en voyant Leblase voler à mon secours 😉
    J’ai pourtant écrit que c’était une discussion de bistrot (Le Dix Vins, rue Falguière – pas mal), entre filles, et arrosée ! Et que cette question d’externalisation de services ne concerne pas que l’UE, mais aussi et très largement les US.
    Mais rassure-toi, on est bien d’accord sur le fait que surtout, les mentalités, les méthodes, l’organisation et l’économie du travail doivent évoluer, d’abord.
    leblazorro> Tout excusé. Les courses c’était ce matin au marché. En rentrant j’ai voulu changer mon post-it et lire mon mail, et là galère, plus de connexion adsl. Comme j’avais dû faire une désinfection poussée de mon PC, j’ai cru que c’était ça. Déjà que je n’ai plus guère que le weekend pour soigner mon blog, c’était la panique (emph). Evidemment pas possible de joindre mon #&@! de fai, ceci expliquant peut-être cela. A raison de 0,34 cents la mn facturée pour entendre le répondeur dire “En raison d’un incident technique nous ne pouvons donner suite à votre appel”, j’y ai passé une bonne partie de l’après midi ;(
    avant que tout ne redevienne normal, aussi inexplicablement.
    PS – tiens je me mets à écrire des commentaires aussi longs que mes notes, quel pygmalion ce leblase !

  • leblase
    6 juin 2005 at 0h35

    tilly, je fais court.
    Je viens de lire l’article de Friedmann: ben oui hein, rien à enlever.

  • Didier
    6 juin 2005 at 6h50

    Je vois bien que tout le monde est d’accord sur la finalité – je n’en doutais pas. C’est le raisonnement pour y arriver que je trouve zarbi. Vous semblez – je dis “semblez” et “vous” c’est mame Tilly et mon Leblasou – raisonner à périmètre ou volume constants, ce qui signifie que ce que prend l’un se fait nécessairement au détriment de l’autre. Je ne partage pas cette manière de voir les choses. Qu’un rééquilibrage entre Nord et Sud, ex colonisés et ex colonisateurs, etc. … soit nécessaire, c’est évident. Ce qui me parait évident aussi c’est que nous devons aider les pays dits émergents à quitter notre “modèle” de développement pour les aider à en créer un nouveau qui leur permette d’arriver au même niveau de vie que nous mais sur des bases différentes, surtout en ce qui concerne l’utilisation des ressources. Quant à nous, nous devons veiller à changer nos mentalités

  • pnyx
    7 juin 2005 at 17h39

    mon expérience sur l’inde. j’ai racheté pour un groupe une société là bas. j’ai vu koi ?
    une minorité (avec pas mal de pakistanais) qui exploite une majorité de travailleurs (qd je dis exploite , on est pas loin de l’esclavage). on est mal parti selon moi et vu le gisement de maind’oeuvre disponible en inde et chine, ce n’est pas demain que ça ira mieux pour eux.

  • tilly
    8 juin 2005 at 22h35

    Didier, pnyx> we had a dream, et vous avez sans doute hélas raison de vouloir nous réveiller, pas trop brutalement, svp, merci.

  • Mark's Blog
    9 juin 2005 at 21h22

    Another look

    When I wrote about Tantrums, you could imagine the mail I sent to Mom and Dana. I’ve got no problem with folks in India getting good jobs. More power to them. Let’s hope they quickly arrive at European income levels. Let’s hope we can all still breathe…

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