Terreurs enfantines

MarteaupiqueurA hauteur de la rue de Javel, la rue Blomet est en travaux, la chaussée complètement défoncée. La toute petite fille que sa maman accompagne à l’école refuse d’avancer. Ses joues rondes sont blanches, ses yeux encore agrandis de terreur muette. Rien ne la fera bouger. Sa maman ne comprend pas, et moi non plus, pas tout de suite.
Il faut le temps que remonte à ma mémoire, le souvenir de cette peur, la même. Le bruit du marteau piqueur, effrayant, menaçant, anachronique. On l’entendait plus souvent à Paris dans les années 50,  Je me penche vers la petite pour lui dire que moi aussi ce bruit me fait peur, mais que sa maman est là, à côté d’elle  pour l’aider à traverser le danger, la vie. Distraite un instant, elle me regarde, ses joues rosissent, ses couettes s’animent et elle serre bravement la main de la maman pour repartir.

Ce bruit du marteau piqueur j’en avais peur, comme j’avais peur de traverser les petits ponts dans le bois de Boulogne, ceux qui imitaient en béton des rondins et des traverses à claire-voie entre lesquelles je voyais  couler des torrents furieux. J’avais peur aussi des  ascenceurs Roux -Combaluzier avec leurs grilles qui pincent les doigts et les portes  vitrées à battants qui se refement méchamment , puis  la lente montée cahotique de la cabine vitrée dans la cage en métal forgé à claire-voie elle aussi.

Par contre j’aimais l’odeur du goudron chaud que les  employés de la voirie transportaient dans  des sceaux en bois  pour les verser sur les trottoirs, après que les terribles marteaux piqueurs se soient tus. Ce matin j’ai retrouvé cette odeur rue Blomet.

15 thoughts on “Terreurs enfantines

  • leblase
    28 mai 2005 at 20h36

    Rue Blomet il y avait un epetite école privée, tenue principalementpar la fille de la directrice, une jolie brune.
    Pendant les cours de gym, elle mettait un collant noir et un justaucorps soit mauve soit violet. J’avais 7 ans et je me battais pour être face à elle , surotu pendant les exercices au sol..
    Elle me plaisait tant que j’en ai oublié les marteux piqueurs

  • foth
    29 mai 2005 at 7h19

    tilly, ya maldonne, en fait la ptite fille de ce matin n’avait pas peur des marteaux piqueurs. elle avait peur de leb qui l’attendait sous le préau pour la corriger d’etre la préférée de la fille de la directrice

  • Didier
    29 mai 2005 at 8h52

    Rue Blomet, presque au bout près de la rue St Lambert, il y avait un grand espace recouvert de “box” comme on appelait cela à l’époque pour garer les voitures. Le box d’à côté de celui de mon père était celui d’une belle Morgan décapotable verte appartenant à un play boy. Sympa le play boy. Je revais d’être comme lui. Mais rue Blomet, à cette époque passait aussi une voiture de laitier tirée par deux énormes chevaux. A toute allure. C’était terrifiant et j’avais peur. Enface des garages, il y avait un couvent.

  • tilly
    29 mai 2005 at 17h55

    les garçons> Vous me faites un plaisir énorme avec vos interventions sur cette note un peu nunuche. Je me sens passer dans la catégorie des blogs qui acquièrent de l’intérêt par l’originalité des commentaires. L’auteur se trouve soulagé du souci de pondre chaque fois qqchose de top car la platitude éventuelle de ses notes va de toute façon être relevée par la valeur des répliques 😉

  • leblase
    29 mai 2005 at 19h18

    …L’auteur se trouve soulagé du souci de pondre chaque fois qqchose de top car la platitude éventuelle de ses notes va de toute façon être relevée par la valeur des répliques ;)”
    C’est comme ça que je fonctionne depuis le départ!;-)

  • tilly
    29 mai 2005 at 20h02

    leblase> Je sais bien cher maître, c’était ma façon à moi de rendre hommage à mes mentors, mais puisqu’il faut toujours tout expliquer – cela fait 2 commentaires qui n’apportent pas grand’chose, comme dirait une amie commnune 😉

  • leblase
    29 mai 2005 at 20h09

    Et si je t’apprenais la recette de la mayo?
    Mais ce qui me surprend c’est le commentaire de Didiou: de quand datent ses souvenirs de chevaux du laitier rue Blomet?

  • tilly
    29 mai 2005 at 20h23

    leblase-1> pour la mayo, chacun chez soi et les cochons seront bien payés 😉
    leblase-2> j’ai daté mes souvenirs, et c’est aussi de ce temps que je garde le souvenir de la voiture du marchand de pains de glace, tirée par un seul cheval qui faisait cataclop-cataclop sur les pavés d’avant le bitume, rue Jouffroy, Paris 17ème (depuis renommée Jouffroy d’Abbans)

  • Didier
    30 mai 2005 at 18h50

    Commentaire encore plus intéressant : ça drague sec chez Tilly !
    Plus sérieusement, Tilly, n’as tu pas compris que les garçons comme tu dis sont des etres ultra sensibles et quand tu parles de choses infimes mais essentielles, alors ils s’expriment avec le coeur. (bien écrit non ?)

  • tilly
    30 mai 2005 at 20h05

    Didier> tsss… tu parles que je vous connais !
    Il suffit de vous distiller quelques gentillesses encourageantes pour vous faire tous écrire des petites choses délicates comme j’aime ! Et bien écrites, je te l’accorde. Tu vois je recommence 😉

  • Gluon
    1 juin 2005 at 0h57

    Ouiiii du goudron et des plumes. (oui bon c’est moins délicat j’admets)

  • tilly
    1 juin 2005 at 8h27

    Gluon> mouais, on peut aussi faire plus trash 😉

  • Nawal
    1 juin 2005 at 18h32

    Bonjour Tilly,
    Hier nous étions plus d’un à espérer ta présence à la soirée ! Snif…
    A une autre fois j’espère. Nawal !

  • Lau
    2 juin 2005 at 21h52

    je dirai mm plus : sniff

  • tilly
    2 juin 2005 at 22h21

    Nawal, Lau> bou-ou-ouhhhh

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