[babelio, masse critique] le sergent salinger, roman de jerome charyn

dans une interview qu'on peut trouver sur youtube, Charyn (né en 1937) dit sa fierté d'avoir écrit sur la campagne de libération du joug nazi menée par les américains en Europe et à laquelle participait Salinger ; il rend hommage à un homme détruit, hanté, qui pour simplement rester vivant, traduit ce qu'il a vu et vécu dans ses nouvelles, sans jamais y parler directement des combats, ni des horreurs des camps ; et une fois cela fait, il se tait

[#rl21] au printemps des monstres, roman de philippe jaenada

une lecture phénoménale : ce n'est pas une biographie, pas un document, pas une contre-enquête ; les choses ont été jugées, la peine exécutée, les personnages principaux sont morts ; c'est trop tard ; sauf à espérer corriger les mauvaises réputations posthumes toujours vivaces, comprendre les incohérences qui parsèment cette histoire, et les erreurs de ceux qui ont eu son sort et celui de sa femme entre leurs mains

[lu] sœurs de sable, roman de stéphane héaume

il y a plein de façons d'être accroché par un roman plutôt qu'un autre avant de l'ouvrir... son titre, sa couverture, ses thèmes, son auteur, son éditeur, un résumé de l'action, sa postface...

[lu] henri calet, je ne sais écrire que ma vie (recueil édité par michel p. schmitt, préface de joseph ponthus)

c'est un livre de spécialiste, mais ce n'est pas un livre pour spécialistes ; il a les attributs d'un travail universitaire, d'un ouvrage de référence : les notes en bas de page, les annexes bibliographiques, les indexes, l'explicitation des sources ; mais la forme savante du recueil procure paradoxalement une lecture passionnante, très vivante, presque un suspense : on suit pas à pas l'écrivain dans ses projets d'écriture successifs et rapprochés pour pouvoir en vivre, son opiniâtreté à justifier la forme de son travail et sa conception personnelle du métier d'écrivain