[#rl2018] le silence du moteur, roman d’olivier lebé

ça commence comme un road-movie hypnotique au but étrange ; tous les jours pendant des semaines, un père et sa fille suicidaire roulent dès l’aube dans une vieille jaguar sur les freeways de Californie autour de Los Angeles, et reviennent chaque soir en ville à leur point de départ ; c’est lui qui raconte, qui se raconte.

[lu] scherbius (et moi), roman d’antoine bello

le héros du titre, Scherbius, est une énigme pour son psychiatre ; pendant 25 ans, tous les cinq ans environ, l'analyste publie un addendum à son étude initiale du cas Scherbius, passant d'une hypothèse à l'autre, développant une relation très particulière avec son malade ; une fois de plus Antoine Bello nous fait le cadeau d'une fiction passionnante, divertissante, intelligente

[lu] sans picasso, par stéphan lévy-kuentz

oublier Picasso (1881-1973) était au-dessus des forces de Dora Maar (1907-1997)... en 1943 elle se retire dans la maison de Ménerbes que le peintre lui avait concédée après leur rupture ; ce sera, jusqu'à la mort, sa thébaïde en Luberon ; très beau texte évocateur d’une après-midi dans la vie de Dora Maar octogénaire, le jardin plombé par le soleil, la fraîcheur d’un intérieur grandiose habité et entretenu a minima, l’immobilité du temps, l’attente du coucher du soleil, de l’heure des retrouvailles avec les spectres familiers et aimés.

[#jesuisrestigouche] taqawan, roman d’éric plamondon

dans le contexte politico-historique authentique des violences faites aux indiens d'une réserve de Gaspésie en 1981, un roman d'action, presque un polar, au final violent et angoissant ; mais aussi les paysages, la rivière, les bêtes que l'on pêche, celles que l'on chasse, les histoires chamaniques que l'on raconte encore, d'initiations, de totems, de rêves prémonitoires

[babelio, masse critique] laisse tomber les filles, roman de gérard de cortanze

plongée rétro au temps des copains... le 22 juin 1963 sur le podium SLC il y a Johnny, Sylvie, Lucky, Richard et les autres ; à leurs pieds, la place de la Nation twiste et gueule ; aux balcons, les bourgeois tirent la tronche, crient au scandale et font venir la maréchaussée pour écarter quelques blousons noirs...

[calet, charras] les hommes qui pleurent

j'ai un grand faible pour les écrivains qui ont le goût des larmes quand ils sont aussi des maîtres de l'esquive railleuse, de l'autodérision rieuse, parfois cruelle, un tantinet masochiste ; qui dit larmes ne dit pas forcément larmoyant ; et quand l'un d'eux, Pierre Charras, rend hommage au meilleur de tous Henri Calet : attention, chef d’œuvre !