[lu] le génie de la bêtise, essai de denis grozdanovitch

dans une adresse à son lecteur, l'auteur prévient qu'il ne faudra pas s'attendre à un traité académique ni dans la forme ni dans le fond ; à partir de souvenirs personnels, d'anecdotes, et de notes retrouvées dans ses nombreux carnets, il a organisé et rédigé des réflexions éparses qui le passionnent : la sagesse des simples, la bêtise savante, l'aveuglement intellectuel, l'idiotie créatrice, le (bon) sens commun, la conceptualisation abusive, la course au progrès illimité, le danger de la rhétorique, la nostalgie pour la perte de la bêtise innocente, etc.

[balade] juillet à saint-germain-des-prés

En lisant "L'Indésiré" de Stéphan Lévy-Kuentz et en me promenant non loin des lieux qu'il met en scène, j'ai compris que tout était "vrai" dans ce magnifique texte qui entre autres choses disserte des responsabilités des éditeurs, auteurs, lecteurs, dans l'appauvrissement de l'écrit, de la quête inutile de gloire littéraire, de la disparition de la poésie (genre littéraire), de l'idéalisation du plaisir...

[lu, babelio] mrs hemingway, roman de naomi wood

En racontant l'histoire des quatre mariages d'Ernest Hemingway du point de vue de ses femmes, Naomi Wood fait apparaître au second plan un Hemingway intime, très différent du mythe de super-homme qu'il a contribué à mettre en scène : moins sûr de lui et incapable de vivre seul. Entre biographie et fiction, un livre fort bien documenté, très agréable à lire et intéressant.

[lu] le point de schelling, roman de david rochefort

c'est le deuxième roman d'un jeune écrivain doué ; une œuvre exigeante se construit : un ton, un style, reconnaissables ; sans compromissions ou ménagement pour le lecteur il nous fait suivre des personnages complexes, romantiques modernes, à la limite de la folie ou de l'inadaptation sociale ; des vagabonds célestes ratés, épris de leur liberté, dont l'unique réussite est d'être nés de la plume magnifique de David Rochefort

[lu] trois saisons d’orage, roman de cécile coulon

la force de cette fiction n'est pas que dans l'action (formidable aussi) mais surtout dans la réussite du mélange de thèmes où se côtoient les croyances populaires, les grandes passions antiques, l'orgueil de l'appartenance à une lignée ou à une caste.

[balade] april à paris

des petites anglaises qui harcèlent un jeune japonais aux Tuileries, un sociétaire de la Comédie Française qui déjeune au soleil, un berceau de tulipes pour lire au Palais Royal ce que Gilles Lapouge écrit sur Colette dans son dernier livre

[lu, santé] mes mille et une nuits, essai de ruwen ogien

que l'on soit proche d'un malade, malade soi-même, ou si on a la chance de n'avoir aucun rapport ni de près ni de loin avec la maladie : un livre avec de la philo dedans mais pas que, pour comprendre les malades, les soignants, se comprendre, faire face à sa peur de la maladie, de la douleur