[témoin à décharge] défense et illustration de la bnf françois mitterrand
Ce matin j'ai fait mes réservations de places de travail à la BnF pour les prochaines semaines.
Ce que j'ai entendu peu après sur france inter m'a agacée pour ne pas dire plus. Il s'agissait d'une émission sur la mauvaise réputation — méritée ou pas, that is the question? — des architectes contemporains auprès du grand public. L'exemple pris était… la Très Grande Bibliothèque de Dominique Perraut.
D'accord il y a des causes perdues plus glorieuses à défendre, mais j'ai un vrai et grand plaisir à me rendre à la BnF pour travailler sur mon petit projet d'écriture ; je trouve donc que c'est un juste retour de gratitude que de m'inscrire en faux sur (presque tout) ce qui était dit sur les ondes, ce matin. Sur les ondes et pas seulement puisque quelques jours avant, Pierre Jourde avait publié un article furibard sur le même thème : La BnF, machine à gags.
Depuis janvier dernier j'ai passé une trentaine de demi journées au rez-de-jardin de la BnF FM. J'y arrive en général à l'ouverture (9 heures) car j'apprécie l'impression que donne cet espace immense et vide devant moi, après la descente des deux volées d'escaliers mécaniques monumentaux. Je veux bien reconnaître qu'avant d'arriver à l'accueil, la traversée du parvis entre les tours est peu agréable, mais j'ai appris à couper au plus court, et à ne plus confondre l'Est et l'Ouest… que sépare un bon demi kilomètre de coursive rectiligne !
Ce qui me frappe, c'est l'ennui que dégagent toutes les photos prises de l'extérieur de la BnF FM, sur le parvis. Elles sont tristes, froides, grises. Tout le contraire des photos prises à l'intérieur et que l'on voit rarement quand il est question de la BnF. Le bois blond des placages muraux et des meubles, les éclairages savants, font une ambiance chaude et douce propice à la lecture et à la réflexion. Un contraste bienfaisant avec le désert gris de la dalle et le puit de béton vertigineux qui précèdent. Comme un refuge.
Je parle pour les usagers-lecteurs. L'architecture et la disposition des lieux pose sans doute d'autres problèmes aux personnels qui travaillent dans les tours auxquelles les lecteurs n'ont pas accès. Je compte faire prochainement une visite guidée complète du site et espère avoir un accès même restreint à l'un des Grands Livres.
La BnF FM a effectivement été fermée deux semaines en septembre, comme chaque année, pour permettre des travaux de maintenance et nettoyage, le remplacement de moquette, et d'ampoules. Pour moi pas d'incurie, ou d'idiotie à voir là-dedans tant que la mission de la BnF est remplie, ce qui semble être le cas. Le système de réservation de place, et de documents a été sans faille pour moi jusqu'à présent.
J'ai hâte d'y retourner dans quelques jours… place K13 !
Claude
J’ai toujours détesté travailler dans les bibliothèques, mais bon, celle-là ne me paraît pas pire qu’une autre. Je ne sais rien des salles de travail, mais j’y suis souvent allé pour des expos, et à l’intérieur, c’est un lieu plutôt sympathique. Par contre, à l’extérieur, les marches… pour les handicappés, c’est pas terrible. Oui, je sais, il y a une autre entrées mais quand tu es aux marches, ça doit bien te faire un petit kilomètre pour accéder à l’autre entrée.
tilly
Pour les marches, j’ai mon stratagème : je les longe sur le trottoir côté ouest venant du métro (ligne 6), la rue est en pente, et au bout d’un moment le nombre de marches à gravir est tout à fait supportable…
Finalement c’est encore une histoire de fond (on aime) et de forme (on aime pas trop), de contenu et de format, de look, de goûts et couleurs…
En tout cas, bonne et sympathique initiative que cette page facebook :
http://www.facebook.com/pages/BnF-Haut-de-jardin
destinée en priorité aux étudiants et moins formelle que le site bnf.fr
leblase
C’est marrant que tu parles de la BNF maintenant.
Figure-toi que tu es la première personne que je lis émettre un avis favorable à cet énorme échec ergonomique, qui de plus présente de nombreuses incertitudes en matière de sécurité aussi bien pour le personnel et les visiteurs que pour les documents entreposés.
J’y étais il y a qques jours pour le vernissage d’une expo qui inclut des photos de mon daron et comme à chaque fois, je n’en reviens pas de l’incurie de ce lieu mal foutu.
Des hectomètres inutiles de marche inconfortable (voire impossible pour les handicapés) au sein d’un univers esthétique froid; des entrées minuscules, mal indiquées (en fait tout est mal indiqué, ce qui force à s’adresser aux plantons, chose paradoxale dans un lieu qu’on voudrait silencieux; des salles d’exposition minuscules égarées dans des halls immenses; un gâchis d’espace et un massacre de bois précieux, un non-sens absolu en matière de préservation de documents fragiles et rares.
il se trouve que je connais une ou deux personnes qui bossent là et s’en plaignent amèrement: l’organisation interne est à la hauteur de l’architecture: le Soviet suprême, où seuls le copinage et les intrigues règnent à la place de l’enthousiasme et du mérite.
En fait, en ce qui me concerne j’avais compris très tôt la gabegie annoncée, car j’avais été contacté tout au début pour leur présence sur l’Internet et j’avoue m’être arraché les cheveux devant l’état d’esprit de ceux qui présidaient aux destinées de ce machin qui, avant d’être une bibliothèque, est un mausolée à la gloire d’un président.
tilly
J’y étais ce matin, je rentre tout juste, et je ne retire rien de ce que j’ai dit… qui concerne le rez-de-jardin et le point de vue de l’usager-lecteur ignorant de l’horreur de ce qui se trame quotidiennement très loin au-dessus de sa table de lecture d’après ce qu’on dit.
J’étais dans un “hémicycle” donc tout proche d’une “banque” et du personnel d’accueil. Si les bibliothécaires que j’ai vu travailler à côté de moi ce matin souffrent intérieurement, ont la rage, dépriment, etc….. ceux-là le cachaient bien, ou alors ils étaient tous sous prozac !
J’ai vu aussi une lectrice en fauteuil accompagnée d’un “agent” BnF jusqu’à sa table de lecture.
A la cafète, dans les espaces repos, ambiance détendue, les gens (beaucoup de chercheurs étrangers) me paraissent heureux d’être et de travailler là.
J’y retourne lundi et j’irai voir l’expo avec les photos du ton papa 😉