[free art] raymond duval, le site
" Toute copie des oeuvres de ce site est vivement encouragée. Mais à condition d'en citer la source. "
Jusqu'à ce matin, je croyais connaître l'artiste Raymond Duval comme si mes parents l'avaient fait.
Mon père Charles Bayard, dont le second prénom est Raymond, et maman, prénommée Suzel et née Duval…
Je connaissais quelques uns de ses autoportraits-en.
Je possède une de ses compositions au trait léger (Anatomie du sur-réel).
Mais je n'avais jamais eu la vue de la globalité de son travail que donne la visite de son site.
Ses dérivages et ses attentations graphiques prennent une dimension ludique et étonnament méthodique, comme une sorte de langage, grâce à la navigation hypertexte et à la cartographie de liens qui promènent le visiteur, sagement d'abord de galerie en galerie, puis finissent par le semer et le laisser divaguer suivant son grand et bon plaisir.
J'en reviens pas encore de découvrir le site et l'oeuvre en construction de Raymond Duval, seulement aujourd'hui.
Je découvre aussi aujourd'hui l'existence de la plateforme Wizzz de Télérama, en écho aux commentaires hyoer pointus sur l'art libre et l'échange entre artistes, qu'a soulevés mon billet du 3 octobre.
Raymond Duval a une page Wizzz et un blog (avec textes, poèmes, notes de théâtre, etc.) sur lequel il est possible de lui laisser des petits mots gentils.
J'ai relevé sur le site de Raymond Duval, quelques textes et citations qui illustrent sa démarche.
D'abord une citation de Berthold Brecht, mise en exergue sur la page d'accueil :
" L'acte de copier est méprisé ; il faut se libérer de ce mépris. Copier n'est pas "plus facile". Ce n'est pas une honte, mais un art. Plus précisément : il faut en faire un art, et cela pour que ne se produise ni routine ni sclérose. »
Plus loin, voici ce qu'écrit Raymond Duval.
" Je ne suis pas un plasticien, même pas un peintre du dimanche, juste un chercheur d'émotions. "
" C'est d'abord un besoin personnel d'expression, de réalisation du désir ancien de concrétisation, de transposition d'images intérieures et de recherche d'un pré-langage. Peut-être recherche d'une pureté originelle, préalable au langage et au jugement. C'est un travail en cours. "
" Interrogation du langage et de l'expression onirique des pensées, ma tentative de recherche d'une émotion masquée, de jeu avec ce qui n'est pas dicible. C'est là tout l'intérêt d'une méthode. C'est une grille à travers laquelle peut apparaître l'in-nommable.
Si je me réfère à des Maîtres, c'est comme je l'ai dit parce qu'ils sont des étoiles qui me guident, elles là-haut, moi ici-bas. Et si parfois je me moque d'elles, c'est pour ne pas être dupe, ni de mes rêves ni des illusions illustres. Admirer dans la magie du magicien la poésie et l'élégance du geste plus que la trompeuse brillance. Et voler un peu de poussière de fée.
Rêver sans se faire rouler par ses rêves, c'est là toute la difficulté. "
" Volontairement j'utilise un outil non adapté, un traitement de texte, pour réaliser ces tentatives d'images qui se dévalorisent elles-même et pourtant s'affirment à moi. Un non-outil. Et une mise en place qui refuse toute sacralisation. Toute règle, tout magister. Je n'ai de compte à rendre qu'à moi-même et à ceux qui voudrons bien "jeter un œil".
Afin d'inviter d'autres fous dans mes rêves, je multiplie les portes et les trompe-l'œil. "
" On peut considérer mes dessins comme des trompe-esprits.
La vérité n'étant jamais unique, surtout au pays des rêves, j'ai toujours recherché à rendre l'évidence multiple. L'évidance étant la forme première de l'évidence.
La courbe est venue naturellement à mon secours pour troubler l'espace tout en le magnifiant. La courbe c'est aussi, et peut-être même surtout, le mouvement. Le mouvement de la plume (de la main), mouvement du corps, des corps et des esprits. Mouvement intérieur et extérieur. Elévation et chute. "
La courbe : c'est la caresse auquel répond l'angle transperceur.
La foudre et les flots se mêlent et c'est une nouvelle cosmogonie.
Imaginons donc cette cosmogonie personnelle. La courbe y est l'élément femelle, l'angle l'élément mâle. Plutôt qu'élément, disons ensemble. Car chacun d'eux est un ensemble riche et varié. Et ces deux ensembles, en dehors de leur caractéristique fondamentale, sont semblables, symétriques et antagonistes.
De leurs unions naîtrons formes et signes ; qui eux-même enfanterons d'autres formes, d'autre signes qui donneront vie à des sensations qui produirons des sentiments qui susciterons des réflexions d'où germeront des pensées.
Dieu que tout cela est beau !
Euh, ouai, bon. Y'en a au moins un que ça amuse. Pour le reste …
Reste qui veut. Qui veut voir. "
" Tout ce que l'on voit ici est vrai. Tout, et surtout quand il y a contradiction.
Mouvement et fixité se contredisent.
Volume et surface se contredisent.
Règle et liberté se contredisent.
Symbolisme et forme.
Vide et plein.
Toi et Moi.
Etc.
Raymond Duval "
http://raymondd.perso.sfr.fr http://wizzz.telerama.fr/raymonduval