[jazz] un standard érotico gastronomique
Hier soir au Petit Journal St Michel, il y avait beaucoup de clients (et au moins une cliente) originaires de Marseille, ce qui réjouissait visiblement beaucoup un Marcel Zanini en grande forme et grand swing. Au premier set, il a imposé à ses musiciens "un blues" irrésistible, rarement entendu (par moi) et que Patrice Authier n'a pas rechigné à orner d'un superbe solo de piano.
Placée au plus près des musiciens grâce à l'exiguïté du lieu, j'aime observer leurs échanges, leurs mimiques complices parfois totalement hermétiques (exprès ?). Tout ce qu'on n'a pas sur disque ou mp3.
Un peu plus tard dans la soirée, je remarque que le fils demande au père en rigolant :
– présente, présente le morceau !
Et Marcel au micro, hilare :
– on va jouer un standard érotico gastronomique ! A-VA-LON
Honnêtement je n'avais pas pigé sur le moment. L'illlustration trouvée sur le web ce matin a réveillé mon hébétude.
Avalon est notamment un thème souvent interprété par Benny Goodman, le musicien qui est à l'origine de la vocation de clarinettiste jazz de Marcel Zanini.
C'est bien aussi, les histoires drôles qu'on comprend à retardement, ça fait durer le plaisir !
bonus : merci spécial @johnewan qui me signale l'illustration musicale qui va bien, et ajoute le commentaire suivant sur Twitter :
s'agit-il du même "morceau" ? . Si oui le rythme est rapide, plus glouton que gourmet, quelle santé 🙂
Tristan Hylar
Excellent !! Merci Tilly de rapporter ici cette anecdote ! La chance des parisiens est grande de pouvoir à volonté ouïr Marcel et son orchestre 😉
tilly
il y avait hier – comme chaque fois d’ailleurs – des provinciaux chanceux, montés à la capitale tout exprès pour Marcel et ses musiciens 😉
à une prochaine fois !
marina
oui c’était vraiment du bon jazz et quelle santé le pappy, quel charme, quelle drôlerie aussi ! J’ai noté qu’une très jolie jeune fille l’a bu des yeux toute la nuit ! Et à caresser ds yeux les douceurs de la belle Odile à son époux Pierre, la jeunesse était bel et bien dans les coeurs….Qu’est-ce qu’on dit ? Merci Tilly !
tilly
merci à toi marina, et surtout de mettre l’accent sur la douce gaité de ces belles personnes !
des fraises et de la tendresse
Je garde encore un souvenir attendri de ce concert auquel j’ai assisté en juin, en bonne compagnie, et quelle compagnie!
Oui, cette complicité visible entre les musiciens est un sacré bonus qui ne figure sur aucun cd. On la devine, certes, mais on ne la voit pas.
J’ai mis du temps à la comprendre, cette blague.
tilly
– Tu parles de Pierre Etaix et Odile bien sûr… marina elle aussi était sous le charme 😉
– La blagounette de Marcel est coquine, non ? Une fois comprise, ça glisse tout seul… et comme le fait remarquer johnewan, on n’est plus dans dans le gastro, mais dans le glouto.
– Plus un à-peu-près est à peu, et plus il me fait rire ; ce sont les meilleurs, ceux dont je me souviens !
– C’est génétique bien sûr, parce que ceux du fils sont pas mal non plus 😉
mitra
Eh comme d’habitude, j’arrive en retard pour mettre mon petit grain;-)
Belle soirée, bonne ambiance, du swing et du bon temps.
A ma gauche, la mousse de la banquette nous faisait sans cesse nous rapprocher au niveau des fesses. Un instant, elle m’a dit : “j’ai chaud Mitra”. Mon cœur fût fendu;-)
En face, tout son être consommait de la musique. Ce père et fils l’ont littéralement envahi.
Encore merci qui ?
🙂
tilly
– en retard, pas tant que ça, et ce n’est pas un grain… c’est une perle, merci ma belle 😉
– histoire de s’en souvenir : le triple fou rire, quand on s’est aperçues qu’on était en train de boire l’excellente bouteille de graves qu’avaient commandée nos voisins de table marseillais, et qui nous a été servie par erreur !!!!
mitra
Sans oublier les pansements blanc de ton cher Nabe au contact de son instrument et son parcours du champ visuel pour mesurer le degré d’humidité du baba que nous étions tous au rhum qu’était cette musique.
Une chose est sûre, cette famille a le souci de s’assurer que son public est complètement imprégné/trempé;-)
tilly
– trop forte la métaphore grivoise du baba de mitra 😉 😉 😉
– mais je regrette je vois rien d’érotique ni de gastronomique dans les pansements blancs du guitariste, explique-nous !!!
mitra
En effet, rien à voir mais c’était comme tu le dis “histoire de s’en souvenir”.
ramses
Bonsoir Tilly,
Je remonte les notes, style “arhéologue” et je tombe sur cet “Avalon”, qui m’a beaucoup plu, aussi par la richesse des commentaires pris sur le vif… (siffler le Graves d’un Marseillais à Paris, c’est énorme…)
Je confirme que l’extrait Youtube avec Benny Goodman (et le prestigieux Lionel Hampton, au vibraphone…) correspond bien à ce “standard” des années 50. A l’époque, Benny Goodman faisait un peu figure d’iconoclaste (les jazzmen étaient pratiquemment tous noirs…). Je n’ai pas échappé à cette mise à l’écart (dont Hugues Panassié fut le chantre), mais avec le recul, je trouve que Benny avait une grande virtuosité à la clarinette et que le jeu de Marcel en a sûrement été influencé. Marcel, il y a une cinquantaine d’années, jouait de la clarinette ET du sax ténor. Est-ce toujours le cas ?
Ca me démange vraiment de “monter” à Paris pour l’écouter… Peut-être le 26 août ? Je vous le confirmerai.
Bon week-end !
tilly
héhé pour le savoir (clarinette et/ou sax ténor)… il faudra “monter à Paris” cher ramsès !
mais en fouillant bien au fond du gouffre de ce blog, la réponse doit bien y être cachée quelque part 😉