Poudre aux yeux
C’est quoi ce blog (le mien) ?
Ca va mal, j’en suis arrivée au point de recycler un commentaire (de moi) en note. Etant du genre studieux et appliqué, j’avais réfléchi très fort à ce que je pensais être le sujet de la note du jeudi 7 avril chez leblase, avant d’envoyer un commentaire.
Le blog à Leblase, c’est un blog matriochka, catégorie qui n’a pas été identifiée dans le hors-série SVM pour la bonne raison qu’il n’en existe qu’un seul comme çà ! La plupart des commentaires chez leblase est un faux ont la forme et le fond de vraies notes, et ils sont eux-mêmes commentés parfois indépendamment du thème de la note d’origine. C’est fou, souvent formidable, mais difficile à suivre. Et puis il reste l’impression d’une matière foisonnante, intellectuellement top, généreusement dispensée par des contributeurs talentueux, mais qui se dissoud et se perd presque instantanément dans la blogatmosphère. Pour moi qui ait été dressée professionnellement à la conservation et à la valorisation de l’information, c’est un vrai crève-coeur, mais aussi un formidable apprentissage 😉 C’est aussi un des rares blogs où l’on voit des commentaires (ou commentaires de commentaire) illustrés par des photos. Infiniment plaisant et frustrant à la fois, c’est bien évidemment ce que vise le maître des lieux. 
J’en reviens à ma contribution de l’autre jour, sur la prostitution bloguesque (sic) :
Au risque de paraître péripathétique, je viens avec ma petite épuisette
à commentaires me mesurer au chalut du patron de pêche, céans. Je
l’avoue, mon blogue en ce moment me sert d’attrape-couillon. Attention
pas de méprise… J’ai appris ce terme il n’y a pas très longtemps d’un
copain du sud-ouest qui désigne ainsi le maquillage des filles. Je suis
à un âge où je me fais petit à petit à l’idée difficile que le
"paraître" n’est plus mon copain, et que je reste bien seule avec mon "être", tout nu (pas au féminin, exprès). Mon blogue avec ses
commentaires me sert à habiller mon "être", mais pas à le déguiser
(enfin, j’espère).
Presque aussi sec, Leblase m’a répondu :
>Salut tilly,
Les filles pratiquent donc l’attrappe-couillons
depuis des temps immémoriaux s’il faut en croire ton ami du Sud-Ouest.
Je me disais bien que j’étais un nigaud;-)
Tu exprimes très bien un
autre aspect du (de la ) blogueur (se), sauf que tu es une pionnière
dans cette utilisation ou tout au moins dans la lucidité et franchise
avec lesquelles tu joues de l’outil.
"Habiller mais pas déguiser"
est quasiment une question philosophique à laquelle l’ami Fulca
-actuellement dans le bus de la campagne pour le traité de Nice
(hinhin!)- répondrait avec sa verve et son acuité habituelle sur la
forme.
Pour le fond, c’est un vrai sujet de débat.
Ainsi, leblase
est un faux (nom) mais en dehors de la nécessaire distanciation, je ne
me déguise pas et agis selon mes critères, sans modifier ce que
j’appellerai mon code de conduite: que ce que je fais plaise ou non
fait partie de l’expérience, mais n’est pas le moteur.
Tu mets dans le sujet un élément jusqu’ici absent: le blog par rapport au "paraître" de la vie réelle.
C’est assez passionnant, franchement, et j’espère que nous parviendrons à y apporter de la matière ici.
Chouette réponse, non ? Mais il n’y a pas eu le débat promis, moi-même étant par ailleurs infoutue de relancer. Je suis pas très interactive comme fille. Donc si par hasard, comme sur l’pont du Gard, vous passez par ici, et souhaitez disserter sur l’être, le paraître et les blogs, ou autre chose, soyez les bienvenus, mais n’attendez pas de ma part une répartie à la Leblase. Merci.
Leblase> Si ça marche (j’en doute fort un peu), je reviendrais chez toi avec une synthèse du débat… promis 😉
leblase
Tilly,
chose promise, chose dûe!
Merci pour le descriptif de leblase est un faux, I am flatté
tilly
Merci Leblase pour mon compteur à commentaires, mais si ils sont tous comme ça, la synthèse du débat va être vite faite 😉
Et puis je voudrais pas être rabat-joie, mais la valeur du ‘leblase est un faux’ est assez largement partagée entre tous les contributeurs, comme j’ai essayé de le dire !
Didier
Je suis fatigué des succès féminins de Leblase ! Ca déborde même de son blog maintenant ! mais qu’est ce qu’il a ?
rosalie
didier, leblase est génial et il a souvent dit du bien de toi, ingrat.
tilly
Didier> Calme, moi je dis que c’est le collectif ‘leblase’ qui m’engoue, et si je ne me trompe pas, tu en es un des piliers, non ?
Rosalie> Tu es mignonne…
Tous> Je voulais vraiment des commentaires sérieux, là dessus, ici. Mais apparemment, c’est encore un peu tôt pour essayer de voler de mes propres ailes, on ne me prend pas au sérieux 😉
leblase
Le paraître sur le blog?
Parlons-en. L’être on l’a assez discuté à la maison.
En dehors de l’habillage graphique généralement assez réduit because les plate-formes de blog ne s’y prêtent guère, à part quelques exceptions comme Verso), que reste-t’il?
Le nom du blog est important: il dit beaucoup de choses, dont la moitié échappe d’ailleurs à l’auteur.
Le style d’écriture, le ton employé, le choix et la pertinence des photos.
Tout cela installe une ambiance qui se confirme avec la qualité et le ton des réponses aux commentaires.
Le choix de la distanciation fait aussi énormément dans la perception que l’on se fait du blogueur ou de la blogueuse.
Il y a aussi le paraître purement anatomique: récemment avec ce salopiaud de Didier (mon Didiou t’en fais pas un jour je t’apprendrai pour les femmes;-) on a joué au fameux jeu du “depuis qu’on se lit comment vois-tu ma gueule?” C’était très instructif, mais nous autres hommes sommes assez largués dans le paraître, au contraire de vous mes dames
Didier
je ne veux pas etre ingrat avec Leblase, ingfratitude et jalousie étant deux mots différents je crois !
Le paraitre sur le blog : commentaires. J’ai choisi les deux options de base : sincérité et simplicté. On m’a reproché de me mettre a poil sur mon blog. Je ne suis pas exib, mais je constate que quand ça prend une petite forme, les “voyeurs” sont contents. On ne peut pas paraitre sur un blog, on est perçu et si on est direct, sincère, simple, authentique, alors on aparait ainsi. D’autres peuvent faire d’autres choix.
tilly
Je reçois par mail, la contribution de GM que je recopie ici car elle est super :
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Bonjour,
Votre questionnement, sur l’être et le paraître, qui semble quelque peu lié à la réflexion de Mouche (http://oeildemouche.net/news/722.shtml) (j’avoue que j’ai toujours été et que je suis toujours assez fasciné par les résonnances de réflexion entre différents endroits de la blogobille)(tout comme l’ambiance générale semble être au regret d’un paradis perdu depuis quelques temps… enfin je m’égare…) sur la personnalité propre de son blog, m’a fait penser à exhumer une vieille note d’époque : je vous laisse ici le lien http://babils.affleurements.net/index.php/2003/08/25/659-EcrireIci (m’excusant au passage du désordre des lieux, je suis en plein déménagement, il reste des bouts de blogs un peu partout, bref.)
C’est un sujet qui m’a tracassé énormément au début, parce que jétais -et je suis toujours- le plus souvent à mi chemin entre passages réels et morceaux imaginaires plus ou moins imbriqués -et que curieusement, les passages imaginés provoquaient beaucoup plus de réaction que les réels, des questionnements de type “tout va bien ?”, “que s’est-il passé ensuite ?”, etc, jamais rien de méchant, mais qui me laissaient souvent assez désarçonné -je n’avais tout simplement pas de suite à raconter, d’ailleurs, j’annonçais la couleur – ne pas oublier : écrire, c’est mentir.
Et donc, pour rebondir, ou plus simplement atterrir, je dirais qu’un personnage finit par se dessiner derrière l’image que donne le blog, l’image laissée par le blogueur étant souvent bien plus riche que celle qu’il pense ou qu’il cherche à donner -surtout si le blog s’inscrit dans une certaine durée. Et cette image est à la fois très différente et un peu étrangère à ce qu’est le blogueur et en même temps intégrante de ce qu’est le scribouilleur ‘en vrai’.
GM
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