[rentrée littéraire] brioche, roman de caroline vié
éditions JC Lattès, août 2012, 220 pages, 17 euros
lu pour les Chroniques de la rentrée littéraire
Je vais le dire vite pour que ce soit
fait et après c’est promis je dirai pourquoi : je n’ai pas aimé
le Brioche de Caroline Vié.
Malgré toute l’indulgence que
je voulais mettre dans la chronique d’un premier roman. Malgré le
respect que j’ai toujours pour le travail d’un (ou une)
primo-écrivant. Malgré (ou à cause de) certaine reconnaissance des
efforts produits pour (me) plaire.
A tel point que j’ai voulu en
avoir le cœur net, lire
quelques avis de chroniqueurs amateurs, comme moi — ce
qu’habituellement je ne fais jamais avant d’avoir remis ma copie.
Juste deux, trois, pour voir. Bizarrement on y parlait de roman à
croquer, de petite faim, de folie douce, d’eau à la bouche.
Ça
m’a étonnée comme si on n’avait pas lu le même livre (pourtant
si) ; mais ça m’a rassurée aussi : même si je suis un peu
méchante ici avec Brioche, les internautes trouveront aussi
des critiques laudatives et plus positives que la mienne.
L'effet de surprise quant au sujet est bien tenu, avec des indices malins, jusqu'à à peu près
la moitié du roman, où l'on comprend de quelle sorte de bébé
la narratrice s'est entichée au point d'aller jusqu'au rapt.
L'attention est alors plus difficile à soutenir car les dérapages tragico-comiques de
la fin sont alors plutôt attendus.
Ce que je reproche à Madame Vié,
c’est justement de ne pas avoir fait assez effrayant,
anxiogène, cauchemardesque, sadique, tant qu’elle y était. D’avoir hésité
entre, d’un côté Stephen King (Misery) et Jauffret
(Claustria, Sévère), et de l’autre entre Amélie
Nothomb et… Amélie Nothomb. Mon goût personnel me faisant
évidemment pencher pour les premiers quand il s’agit de
littérature horrifique…
Il fallait pour ce thème moyennement
original mais très fort de vampirisme affectif, une écriture à mon
goût plus brutale et psychotique. C’est peut-être juste ça qui
ne va pas : l’histoire et le style qui ne s’accordent pas.
“ C’est sûrement à force d’avoir
une existence de carte postale que j’ai fini timbrée. ”
— écrit
(ou dit, ou se dit) l’héroïne. On peut aimer, moi pas. Pourtant je ne déteste pas toujours l’à-peu-près sarcastique,
le décalage marrant, la comparaison tirée par les cheveux. Caroline Vié est forte en métaphores. Très
forte. Seulement, trop d’images tuent l’image. Je ne dis pas que
ce sont des clichés, bien au contraire. Caroline Vié a tout un
catalogue de comparaisons et de références très sophistiquées et
érudites avec lequel elle joue et se délecte sur plus de deux cents
pages. Un peu fatigant.
Une chose que je ne retirerais pas – ou
plutôt si, mais que je mettrais de côté pour en faire un autre
livre – ce sont les scènes professionnelles, les interviews de
vedettes du cinéma, les conférences devant la presse spécialisée,
les critiques de films. Certains portraits sont délicieux, comme
celui de Yolande Moreau, d’autres très vachards (de Niro, Willis, etc.). Ils m'ont semblé
très justes. J’en redemande. Sous une autre forme.
Pour continuer ma série : " Je proposerais bien un autre titre pour ce livre…”, j'ai choisi :
( … )
Original et intrigant, collant bien au sujet, mais qui ne serait pas un cadeau pour les moteurs de recherche !
Cajou
Ohhh moi j’ai très envie de lire ce premier roman qui me fait de l’oeil depuis sa sortie !
Si jamais tu voulais revendre/troquer ton exemplaire, je serais ravie 🙂
Cajou
tilly
il est à toi 😉
merci de ta visite !