Sacrés monstres

Sommes allés voir Molly, hier soir, pièce jouée à la Gaîté Montparnasse. Sans rien savoir ni de l’auteur (Brian Friel, irlandais), ni du sujet – c’est bien parisien, ça ! Seulement il y a Fabrice Luchini et  Laurent Terzieff à l’affiche. Alors duel ou duo ? Ni l’un, ni l’autre puisqu’il s’agit d’un trio et que comme le titre l’indique, c’est le rôle féminin qui est le principal de cette magnifique pièce où les monologues des trois personnages alternent sans qu’il y ait jamais de dialogue/conversation entre eux. Caroline Silhol est la merveilleuse Molly, mal voyante mais bien dans son handicap (nous dit-elle) jusqu’à ce que son effervescent de mari (FL) et un arrogant chirurgien ophtalmo (LT), la persuadent de se laisser opérer après quarante années de cécité. Elle n’a rien à perdre disent-ils. Ben si, elle perd tous ses repères justement, et finit par disjoncter. Complètement inconscients de ce qu’ils ont causé, les deux monstres d’égoïsme tourneront le dos à la pauvre Molly et à sa folie, sans remords. Cynisme léger et teinté d’humour, ton sensible et émouvant, beau texte un peu long.

Seul bémol, la salle. Ce théâtre (privé) est vraiment pourri, il ne ressemble à rien, une honte, surtout au tarif du fauteuil – et pire du strapontin, puisque c’est le même – 40 euros en moyenne.

One thought on “Sacrés monstres

  • PBi
    17 février 2005 at 18h08

    Je souscris évidemment à la critique qui rejoint la mienne, mais j’adhère encore plus au commentaire final. La salle est indécente et on peut mê s’interroger sur sa sécurité…

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