[niguedouille] Suis-je bête !
Stupid me!
Cela fait plus de vingt ans que pour rentrer à la maison le soir, je tourne le coin de ma petite rue tranquille, en regardant bien où je pose les semelles de mes escarpins. Cinquante pas avant d’arriver à la porte de l’immeuble, et à moins trente pas je commence à farfouiller dans mon grand sac à main pour trouver mes clefs. Tout ça pour dire que je garde la tête baissée entre les épaules, les yeux rivés sur le crottoir trottoir. Pourtant hier soir, quelquechose à percuté le coin supérieur droit de mon champ visuel et m’a fait lever brusquement les yeux vers mes fenêtres.
Stupeur, extrasystole, crampe gastrique.
A VENDRE, gueulait le panneau accroché à mon balcon.
A.V.E.N.D.R.E. En grandes lettres blanches sur fond rouge.
Non, le réveil n’a pas sonné.
Non, je ne m’étais pas trompée de rue après vingt ans.
Non, ce n’était pas un tournage de la caméra cachée.
C’était juste un zapping émotionnel qui m’a fait croire que j’avais oublié que nous avions mis l’appart en vente, il y a quelques jours. Mini choc psychomachin sans doute, mais choc quand même. Nous y avions emmenagé juste avant la naissance du petit frère de la minette. Trop petit pour quatre adultes, il est maintenant trop grand pour deux.
La minette
La minette en visite chez ses parents ce soir a eu le même petit choc, le même petit coup au coeur…c’est vrai qu’il s’en est passé des choses à cette adresse; j’ai presque envie de dire tout…mes premièrs devoirs, mes premiers annversaires entre copains, mes premiers coups de coeur, mes premieres rebellions, mon bac, mon choix professionnel…
J’aime l’idée qu’une autre famille va s’installer ici et surtout qu’une autre petite fille s’installera dans cette petite chambre…
tilly
Mon Audrey, merci pour ton témoignage si tendre.
poesie
Dur ! je compatis totalement….Nous avons élevé nos trois garçons dans notre grand pavillon…Plus qu’un fils au foyer, ensuite nous devrons vendre aussi. Qu’est ce qui est le plus dur : errer comme une âme en peine dans une maison vide mais pleine de souvenirs ou recommencer ailleurs à deux ?
Tiens ça me fiche le bourdon ce matin…
tilly
poésie > Pas de bourdon compassionnel, surtout. C’est un nouveau projet, nos souvenirs suivrons, nos blogs en seront les témoins.
poesie
Honnêtement, j’appréhende ce moment et l’anticipe bêtement depuis déjà quelques mois. Mais cela va sûrement bien se passer….Moi le syndrome du nid vide ça m’angoisse….
Tonton Jluc
Comme je te comprends, soeurette. Moi, je ne me suis pas encore remis d’avoir quitté la rue Jouffroy !
Je rêve à longueur de nuits de l’escalier d’Orsay et il m’arrive de regretter mon p’tit studio de Lozère.
Mais ce qu’a écrit Audrey est vraiment très beau.
Moi aussi j’aurai du mal à quitter … encore trois ou quatre ans … une éternité.